Eric Coquerel, député France Insoumise de Seine Saint-Denis, est l'invité du grand entretien.

Le député de la France Insoumise Eric Coquerel est l'invité du grand entretien. Invité à réagir sur l'avenir de l'aciérie Ascoval, le député estime que c'est à l'Etat de sauver les emplois. Il cible notamment le CICE, qui "va coûter 40 milliards d'euros à l'Etat, sans aucune contrepartie" en pensant - à tort selon lui - que "si on donne aux entreprises, le bon sens fera qu'elles investissent".

"L'acier c'est stratégique, on en a besoin, l'Etat ne peut pas faire ce genre de chantage", dit Eric Coquerel, répondant à la proposition de l'Etat de mettre un euro dans la balance pour chaque euro de fonds privés investi. "L'Etat doit assumer, puis voir ensuite si des investisseurs privés reviennent". 

Interrogé également sur la situation de l'Italie dont le budget prévisionnel a été rejeté par la Commission européenne, il déplore : "Imaginer que le parlement italien n’est plus souverain sur la question du budget, c’est quelque chose que les peuples ne peuvent plus comprendre."

Qui a le droit de condamner une politique économique validée par le peuple ? Tant qu’on aura une Union européenne qui est une espèce de camisole de force, on n’y arrivera pas.

Selon lui, la menace sur la dette "est faite pour faire peur aux gens, pour conduire à des réformes structurelles de casse sociale ; c’est une politique libérale, celle que Macron applique dans ce pays (...) : on a la conso qui baisse, le pouvoir d’achat qui baisse, sauf pour le 1% le plus riche, où là ça explose".

Si la France Insoumise arrive au pouvoir, prônera-t-elle, comme l'Italie, la désobéissance aux règles européennes ? "Si nous gouvernons le pays, bien évidemment nous désobéissons aux règles pour appliquer notre programme. Et ça n’aura pas de conséquences : ça aura pour conséquence de permettre à la France de négocier sur un rapport de force. Nous avons un certain nombre de mesures : certaines nous entraîneront vers la désobéissance, par exemple sur le déficit budgétaire, mais cela nous permettra de négocier un autre rapport de force". 

Interrogé également sur l'affaire des perquisitions qui a touché la France Insoumise et le comportement de Jean-Luc Mélenchon, Eric Coquerel, après avoir rappelé que Sophia Chikirou "a montré qu'il n'y avait ni surfacturation ni enrichissement personnel", dit estimer que les journalistes ne se sont pas penchés sur la bonne question : "On a, sur la base de deux signalements, pour une enquête qui commence sur des vérifications, 17 perquisitions de policiers qui aspirent tous les fichiers, tous nos mails d’échanges. Quand vous perquisitionnez un journaliste, on considère qu’il y a besoin d’un certain nombre de protections. Un parti politique peut donc, sur la foi de vérifications, se retrouver avec 17 perquisitions. Je suis très étonné que ce ne soit pas là dessus que les journalistes se soient étonnés".

Assume-t-il la prise de parole de Jean-Luc Mélenchon sur les journalistes, qui a appelé à "les pourrir partout où vous pouvez", il maintient : "Si vous attendez que je contredise Jean-Luc, je ne le ferai pas". Il explique que "la déception est à la hauteur de ce que nous avons subi (...). Ce que j'aurais voulu, c'est que les médias s'interrogent sur qui avait donné cet ordre". 

Tout le monde est-il aux ordres, alors, selon lui ? "Oui, je pense qu'il y a une opération politique. Il y a une opération politique quand vous décidez, à un moment donné, sur une enquête basée sur trois fois rien, d'envoyer 100 policiers dans 17 endroits, d'auditionner 25 personnes pendant des heures et des heures, tout ça ne pas peut venir sans un aval politique", dit-il, dénonçant un déséquilibre "à l'avantage du procureur". 

Le Mélenchon que vous appréciez tous, qui réagit après des attentats, c’est le même que celui qui a du caractère.

Il estime que "Jean-Luc Mélenchon a le comportement d'un homme d'Etat", répondant à la question d'une auditrice. "Trump préside les Etats-Unis, l'extrême-droite est en Italie : si à un moment donné vous voulez faire face à ça, vous avez besoin de caractère. A certains moments il faut avoir mauvais caractère. Je ne sais pas si Jean-Luc se présentera en 2022, mais je pense que c’est un homme d’Etat de la hauteur de certains responsables politiques comme Jaurès", dit-il, assurant qu'il n'y a pas de problème de leadership au sein du parti et de son groupe parlementaire. 

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Eric Coquerel © Radio France / BERTRAND GUAY / AFP
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