François Sureau, avocat et écrivain, est l'invité du grand entretien. Il publie "Sans la liberté" dans la collection "Tracts" de Gallimard.

L’avocat et écrivain revient sur un texte qu’il a publié sur les libertés. Pour lui, il s’agit avant tout d’un texte d’étonnement. Ce qui se passe en ce moment dans nos sociétés vient selon lui essentiellement d’un manque de vitalité. Mais il se dit optimiste et pense que "l’amour de la liberté va reprendre le dessus" en France comme en Europe, où les hommes restent attachés à cette valeur.

Citant le poème Liberté de Paul Éluard, "Pierre, sang, papier ou cendre", il n’en revient pas de constater ce qu’il juge être des reculs sur nos libertés. "Rien de tout cela n’était imaginable pour les gens de ma génération". Mais il pense malgré tout que la liberté continue d’affleurer.

Évoquant un certain nombre de scènes qui le gênent, il décrit par exemple la place de la République à Paris lors d’une manifestation, "avec des policiers en tenues de Goldorak" et s’étonne que les gouvernements puissent penser que leur propre peuple est un ennemi. 

"La liberté a déjà disparu" regrette l’avocat. À ses yeux, nos régimes ont été fondés sur l’idée qu’il fallait garantir la sécurité pour garder la liberté. 

Loi sur la haine en ligne

Les intentions sont bonnes, explique-t-il, mais en revanche, la liberté n’existe pas sans les inconvénients de la liberté. La liberté conduit au mouvement. Pour François Sureau, l’aliment de la liberté nous permet d’avancer dans l’histoire.

La République est née de la haine des tyrans, "nous sommes devenus des puceaux avec ces histoires". Pour l’écrivain, la construction d’un ordre répressif qui empêche tout risque est un danger. "Le mal existe en chacun de nous et on ne veut plus le voir."

François Sureau explique :"Depuis la mort de dieu, nous nous sommes fait une idée de la perfection de l’homme. Tout ce qui blesse cette perfection individuelle doit être réprimé". Dans ce contexte, chacun a peur de voir s'abîmer la perfection de sa propre vie. Pour Sureau, c’est en partie la peur qui conduit la France à vendre des Rafales à l'Égypte, un régime répressif, pensant se protéger des islamistes. 

L’avocat regrette que l’on mélange la peur et les droits, la morale et la norme. Pour lui, la fraternité politique est d’observer la liberté pour l’autre et pas seulement pour soi. 

Au sujet des propos récents d'Emmanuel Macron sur l'immigration, l'avocat estime que la président de la République fait du Sarkozy, ce qu'il déplore avant tout parce que selon lui, c'est une méthode inefficace. 

  • Légende du visuel principal: François Sureau, écrivain et avocat © Radio France / capture d'écran
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