Le secrétaire général et porte-parole de la Conférence des évêques de France est l'invité de Frédéric Métézeau, pour évoquer notamment le discours du pape François sur "la voracité et l'avidité des hommes".

Le pape qui dénonce le "consumérisme" et la "mondanité", quel sens cela a-t-il ? "La mondanité, c'est se conformer aux principes de ce monde-là, esclaves, prisonniers de la 'gloriole', de la vanité", traduit Olivier Ribadeau Dumas. "Lorsque le pape parle du consumérisme, il parle plus largement du sens de la vie, ça va au-delà de l'économie. Si le consumérisme c'est uniquement satisfaire ses propres intérêts, chercher à avoir toujours plus, ignorer celui qui est à côté et qui parfois n'a rien, alors la vie n'a pas vraiment le sens que nous pensons, chrétiens, qu'il peut avoir."

"Les gens ont peur de ce qui est différent"

Il revient également, dans ce même esprit, sur la question des migrants en Europe, stigmatisés dans des pays pourtant de tradition chrétienne qui disent défendre cette identité : "je pense que s'il y a une histoire du christianisme dans l'Europe, l'Europe est façonnée par des nombreuses identités. Les migrants sont stigmatisés aussi, il ne faut pas le cacher, en France. Je l'explique par la peur : les gens ont peur de celui qui est différent, qui ne pense pas comme eux. Ils ont peur de perdre quelque chose en accueillant."

"Cette question est essentielle, parce qu'elle est devant nous : il faut que nous puissions avoir le cœur ouvert", demande l'évêque. "Il n'est pas possible d'accueillir tout le monde, c'est vrai, il est légitime qu'un gouvernement ait une politique migratoire, mais si nous ne pouvons pas avoir les mains ouvertes, gardons le cœur ouvert. Ne nous résignons pas à ce que des gens meurent en traversant la Méditerranée."

Légende du visuel principal:
Mgr Olivier Ribadeau Dumas © AFP / ERIC CABANIS / AFP
Les invités
L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.