Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l'Institut Pasteur, Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France, Bruce de Galzain, envoyé spécial de Radio France en Italie, et Arnauld Miguet, correspondant de FranceTV à Wuhan (Chine), sont les invités du Grand entretien de France Inter.

Pour l’instant, l’OMS ne veut pas parler de pandémie, mais Arnaud Fontanet reconnaît que le contexte devrait vite changer.

"Le pic a été atteint, il y a une semaine-15 jours, et actuellement, on est en décroissance. Mais ce sont des infos difficiles à obtenir... Je resterai prudent sur la dynamique de l’épidémie en Chine".

De son côté, Fred Valletoux explique ce qu’est "activer un hôpital" : "C’est une affaire qui est encore devant nous [...]. L’épidémie peut passer la frontière, mais le territoire français est quand même maillé, avec 108 hôpitaux".

Bruce de Galzain, envoyé spécial de Radio France en Italie, a passé dimanche dans les zones confinées “qui ne sont pas confinées”, raconte-t-il. Il tempère : "Je n'ai pas eu l’impression que c’était la fin du monde. Il y a des files d’attente devant les supermarchés, mais après quelques fausses infos circulent [...]. Il n'y a pas de panique, mais les choses sont en train d’évoluer". Il ajoute que sur le terrain, il n'a pas croisé de journalistes italiens, mais seulement étrangers : "Les autorités gèrent la crise au jour le jour". 

"On ne sait toujours pas comment ça a démarré [...] En Italie, les premières chaines de transmission n’ont pas été repérées [...] On a appris que quand un foyer est déclaré, dans deux tiers des cas, des chaînes de transmission n’ont pas été vues, avec des patients peu symptomatiques".

Arnauld Miguet, correspondant de FranceTV à Wuhan (Chine) témoigne : "C’est toujours une ville déserte avec chiens et chats errants en ville. Wuhan est fantomatique depuis un mois, comme dans un mauvais film de science-fiction. Les gens s’écartent, ne se regardent pas. La ville donne la chair de poule, il ne se passe rien, encore 68 morts annoncés aujourd'hui. Les gens sont toujours confinés, comme le virus, l’espoir est contagieux. Tous ceux qui vivent à Wuhan sont considérés comme des pestiférés".

Nous arrivons à sortir, 2 à 3 heures/jour, quand on trouve un taxi qui accepte de prendre le risque. On remplit des registres pour dire où on est allé, et on doit prendre notre température au moins 15 fois par jour.

Les experts détaillent la différence avec le SRAS : "Le SRAS, on pouvait le stopper, il n'y avait que des formes sévères et la contagion avait lieu 3 jours après l’apparition des symptômes".

  • Légende du visuel principal: Coronavirus © AFP / Koki Kataoka
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