"La société française était prête à l'époque, aujourd'hui, elle l'est plus encore" a estimé Marisol Touraine, ancienne ministre de la Santé, présidente d'Unitaid et invitée de France Inter mardi matin, regrettant de ne pas avoir autorisé la PMA en même temps que le mariage pour tous.

Marisol Touraine explique les objectifs d'Unitaid, financée "par une taxe sur les billets d’avions" : "Une organisation de l’Onu qui met l’innovation au service de l’accès à la santé (...) Elle a inventé des techniques de négociation pour faire baisser le prix des médicaments dans les pays pauvres". 

La lutte contre le Sida, et contre l'indifférence

"Le Sida représente le tiers des engagements financiers, mais c’est plus large qu'une action sur les médicaments et la maladie : il y a des risques réels", explique encore l'ex-ministre qui estime que "sonner la mobilisation pour le 10 octobre prochain est important (...) En 2030, on doit voir une baisse significative des épidémies".

Préserver l'idée de solidarité

Réagissant à la crise des urgences en pleine canicule, Marisol Touraine se prononce sur l'action de la ministre de la Santé Agnès Buzyn :"[Moi] nommée ministre, le premier geste que j’ai fait, c’est visiter un service d’urgence (...) Ils font un travail extra. Des mesures ont été annoncées, il n’est pas certain qu’ils suffisent". À propos de la ministre, elle estime encore qu'elle "porte des politiques pas toujours orientées vers la défense des intérêts sociaux. Elle est médecin (...) mais les politiques de santé sont indissociables des politiques sociales".

Ce qui est admiré en France depuis l’étranger, c’est la force de son engagement en santé et social

"De mon point de vue, cela appelle une attention particulière aux classes moyennes, si on veut éviter le recul de la solidarité, pour que tout le monde ait le sentiment de partager le rêve français."

Des corps intermédiaires incontournables

Sur la négociation difficile entre gouvernement et corps intermédiaires : "On ne peut pas s’en passer, même s’ils doivent se renouveler (...) Je pourrais vous dire la même chose sur des partis auxquels je suis très attachée".

Réforme des retraites

Marisol Touraine revient sur son expérience de ministre pendant le quinquennat de François Hollande, et sur le dossier de la réforme des retraites : "J’avais assumé que les comptes ne pouvaient pas rester déséquilibrés (...) Je ne suis pas opposée par principe au système de retraite par points, mais la question est : comment va-t-on le faire ?"

Je suis attachée à l’idée qu’on puisse choisir l’âge auquel on veut partir en retraite

Bilan "partiellement injuste" du quinquennat Hollande

"Je fais preuve d’humilité, sans doute des choses ont été insuffisamment faites, mais ce sont 5 années de bilan qui comportent des avancées dans le secteur social : le mariage pour tous, la politique tabac...". 

La gauche doit se redonner des perspectives

"La France a besoin de partis, de formations politiques qui porte des projets de progrès social concrets. La gauche a besoin de nouvelles idées."

Une société "prête" pour la PMA et sur la question de la fin de vie

L'ex-ministre explique regretter de ne pas avoir autorisé la PMA en même temps que le mariage pour tous : "À partir du moment ou il y avait ce débat, il me semblait logique de poursuivre" se remémore l'ex-ministre, qui estime que "la société française était prête à l’époque, elle l’est plus encore aujourd’hui". 

"[Dire] que la PMA serait une approche techniciste ne correspond pas à la réalité de vie des couples" répond elle aussi, faisant référence aux propos tenus par la philosophe Sylvia Agacinski, "en revanche il y a des projets, des amours de couple qui ont besoin de s’appuyer sur la médecine pour procréer".

  • Légende du visuel principal: Marisol Touraine, le 25 juin 2019, dans les studios de France Inter. © Radio France /
Les invités
  • Marisol TourainePrésidente de l'organisation Unitaid, ex-ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.