Coronavirus, confinement, pénuries de masques, ordonnances, municipales... Le président du Sénat Gérard Larcher est l'invité du grand entretien.

Gérard Larcher
Gérard Larcher © AFP / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

"Nous vivons une crise majeure, qui exige de l’unité, de la responsabilité et du civisme. Face à des soignants qui sont exceptionnels, à des citoyens qui doivent suivre les règles du confinement, la démocratie doit continuer",  assure le président du Sénat, qui explique aussi qu'il y a eu des cas de coronavirus dans son assemblée ("quatre sénateurs, dix fonctionnaires du Sénat, deux collaborateurs et un contractuel").

Pour lui, la crise impose de laisser de côté les querelles politiques : "Le temps est plutôt à nous retrouver, je refuse toute désunion nationale sur le sujet."

Avec le vote d'une loi d'état d'urgence sanitaire, l'exécutif a toutefois les moyens de travailler avec les mais plus libres. Mais Gérard Larcher explique "c’est le rôle du Parlement d’être dans le contrôle". "Nous avons demandé à suivre la mise en place des ces mesures exceptionnelles, parce qu’un certain nombre sont dérogatoires à des libertés individuelles et collectives."

"Est-ce qu’on peut continuer à organiser notre économie de la même manière ?"

Pour lui, il faudra toutefois largement questionner tout ce qui s'est passé ces dernières semaines : "Bien entendu, il nous faudra tirer des leçons de la crise. Seule une commission d’enquête permettra de le faire, avec la volonté de se projeter sur les aspects sanitaires, sur la stratégie en la comparant à d’autres pays. Est-ce qu’on peut demain continuer à organiser notre économie de la même manière ? Est-ce qu’on peut ne pas se poser la question de l’indépendance de notre pays ? De l’indépendance de l’Europe ? Il faut vraiment se poser ces questions. Mais aujourd’hui le sujet c’est l’action : approvisionner en matériel, renforcer les tests, gérer les malades en réanimation."

Sur la question de la chloroquine, défendue par plusieurs politiques à droite, comme Christian Estrosi ou Bruno Retailleau, mais qui fait débat dans la communauté scientifique. "Bruno Retailleau a braqué les projecteurs sur la nécessité que nous fassions un pas en avant en direction de l’utilisation éventuelle de la chroloquine. Naturellement, le scientifique que je suis sait qu'il faut respecter un certain nombre de procédures qui ont été engagées (je pense aux procédures de lots de malades), pour que nous puissions généraliser la chloroquine."

Fallait-il maintenir le premier tour des municipales ?

Souvent accusé d'avoir fait pression, avec une bonne partie de la classe politique, pour maintenir le scrutin, Gérard Larcher s'explique : "Le jeudi 12 mars, nous nous sommes réunis autour du Premier ministre, du ministre de la Santé et des autorités sanitaire. On ne nous parle pas de stade 3, on débat même de l’organisation des municipales, et on nous fait la suggestion qu’on profite de cette journée pour renforcer l’information du public sur les gestes barrière. Oui, j’étais favorable à la tenue des municipales : on allait au restaurant le soir, on allait dans les boutiques, et il me semblait qu’on pouvait effectuer un geste citoyen, sauf stade 3. Et leur réponse a été qu’on pouvait tenir ces élections."

"La polémique qui a été lancée n’est pas, me semble-t-il, digne", regrette le président du Sénat. "Peut-être que si le stade 3 avait été décidé le jeudi précédent, on aurait eu une position différente collectivement. Mais mon obsession aujourd’hui, c’est que le pays s’en sorte."

Les invités
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.