Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics, est l'invité du Grand Entretien de France Inter.

Le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin est l'invité du Grand Entretien au lendemain de la présentation en Conseil des ministres du projet de loi de finances pour 2019. 

Un budget dans la continuité des grands orientations économiques d'Emmanuel Macron ? Quel récit politique et macro-économique pour ce deuxième budget du quinquennat ? 

"C'est un budget pour le travail, qui aident ceux qui veulent reprendre le travail"  explique Gérald Darmanin : "On met aussi beaucoup d'argent sur la formation, mais aussi pour les entreprises, avec 20 milliards de baisse pour leurs charges."

La transformation voulue par Emmanuel Macron, baisse des cotisations, baisse de la taxe d'habitation, les Français le verrons dès le mois d'octobre

Sur la suppression du nombre d'emplois dans la Fonction Publique :  "Le budget, deux années de suite, a été jugé crédible (...) Nous faisons des efforts à la hauteur de ce que les Français peuvent subir".

Sur le rythme des réformes portées par le gouvernement : "Nous devons avoir la contrepartie des réformes, qui arrivent : chômage, service public de l'emploi, audiovisuel."

Sur le geste de 18 milliards d'euros alloués aux entreprises : "Le CICE va être transformé en baisse de charges, en subventions, c'est la garantie que ça aille aux salariés, à l'embauche."   

Accueillir l'Aquarius

Sur le sort de l'Aquarius, bateau humanitaire de Méditerranée, récemment dépavillonné : "Comme l'Aquarius est proche de Malte, c'est Malte qui doit l'accueillir"(...) "La France doit respecter les traités et les règles européennes", a poursuivi Gérald Darmanin : "Si demain, le Premier ministre considérait que le bateau avec des migrants est près des côtes françaises, il faut que la France accueille ces populations".                      

Gérald Darmanin en a profité pour tacler les autorités italiennes : "Il est très important que l'on respecte tous collectivement les règles, sinon les 'démago' de l'Italie auraient raison. Il ne faut pas donner raison à M. Salvini, c'est très dangereux pour la démocratie et les règles de droit". "Il faut faire attention. Les victoires à la Pyrrhus, parfois, emmènent des grands peuples, comme le peuple italien, à une déroute morale",  juge Gérald Darmanin qui cite, sur le sujet, l'écrivain Paul Valéry : "Les ruines de la démagogie sont éternelles."

Valls dans la course à la mairie de Barcelone ?

Et que penser d'une éventuelle candidature de Manuel Valls à la mairie de Barcelone ?

Je trouve que Manuel Valls est quelqu'un que l'Europe et la République ont la chance d'avoir parmi ses rangs

Une candidature à Tourcoing ?

"Je serai candidat aux élections municipales" à Tourcoing, a confirmé Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics, mais "je n'ai pas encore dit à quelle position". "Je peux très bien soutenir la liste. Il y a 53 noms sur la liste de la commune sur laquelle je suis élu, j'y suis extrêmement attaché. Nous verrons avec l'équipe municipale", a poursuivi le ministre.                      

"Un an et demi, c'est encore un peu loin et puis l'équipe municipale doit encore réaliser un certain nombre de projets", a nuancé Gérald Darmanin. "Et puis à la fin, il faut encore qu'elle puisse présenter un nouveau projet. Parce qu'être candidat pour être candidat, ça n'a pas beaucoup d'intérêt, il faut présenter un projet pour les habitants", a-t-il estimé [Gérald Darmanin est élu depuis avril 2014 dans cette ville du Nord. Il a quitté ses fonctions de maire en septembre 2017 pour rejoindre le gouvernement].

Sur la position Emmanuel Macron : "Je n'ai pas l'impression qu'il est isolé, mais plutôt habité par sa fonction."    

Sur la "hauteur" des élus et leur rapport au terrain

Et quand une auditrice exprime sa colère sur le sort des retraités, s'ensuit un échange dans lequel Gérald Darmanin répond : "Vous avez raison, on vit mal avec 860 euros par mois (...) Mais vous faites partie de ceux qui vont connaitre une augmentation". L'auditrice : "Toutes ces réformes  - je m'excuse, si je n'ai pas les mêmes moyens que vous, pour vous répondre - mais votre discours tient dans la conversation de salon"

"Je ne crois qu''il y ait des ministres qui vivent dans un monde éthéré (...) [Dans ma circonscription de Tourcoing] (...) J'ai des gens à portée de baffes qui savent m'engueuler." 

Les élus ont des vies différentes mais ne regardent pas seulement de derrière leurs vitres fumées

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Gérald Darmanin © AFP / Ludovic Marin
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