La romancière Amélie Nothomb qui publie "Soif" aux éditions Albin Michel est l'invitée du grand entretien de la matinale avec Nicolas Demorand et Léa Salamé. Elle répondra également aux auditeurs de France Inter.

Amélie Nothomb sur le sujet de son livre : "Ça fait 50 ans que je veux écrire ce livre, j’avais deux ans et demi quand mon père m’a parlé de Jésus pour la première fois (...)". L'écrivaine explique qu'on l’a inscrite au catéchisme, et que ce qu'elle y a appris fut la source d'un "grand questionnement" : "J’ai écrit ce livre pour savoir pourquoi Jésus a accepté d’être crucifié."

"Dans les évangiles, il y a des choses qui ne tiennent pas debout : 'Aime ton prochain comme toi même', c’est d’une perversité inouïe"

"À aucun moment de mon livre Jésus n’est médiocre (...) Je le montre pour ce qu’il est , celui qui accepte d’aller au bout de ses possibilités", explique la romancière qui dit aussi être "une mystique, je suis traversée par une foi transitive".

"Mon livre raconte ce qui se passe dans la tête de Jésus quand il est crucifié. Qu’il ait accepté la crucifixion, ça ne passe pas" confie Amélie Nothomb.

"Chaque année, je voulais écrire ce livre, et chaque année je repoussais, je n’avais pas la force d’écrire ça. Ç'a été très exaltant et terriblement difficile"

Pour elle, le sentiment de la soif, titre de son nouveau roman, est le sentiment qui se rapproche le plus de la foi : "Je recommande aux gens de retarder le moment où vous allez boire, car le sentiment est extraordinaire."

À propos des réseaux sociaux, la romancière explique ne pas vouloir être connectée : "Cela ne suscite aucun désir en moi. J’ai l’impression d’être connectée autrement. Le papier garde un pouvoir extraordinaire."

Sur les chutes de vente de livres, elle réagit : "Ce qui me perturbe là-dedans, c’est Netflix. Ne plus avoir de vie sociale en dehors, c’est quand même un peu triste."

À ceux tentés de s'écarter de la lecture, elle prévient : "C’est irremplaçable!" Et l’abandon de la grammaire la fait réagir aussi : "Ce n’est pas inéluctable, je vois l’évolution des fautes dans les lettres que je reçois (...) L’appauvrissement de la syntaxe, ce serait très grave."

Amélie Nothomb a déjà confié plusieurs fois "être née réactionnaire" : 

  • Légende du visuel principal: Amélie Nothomb © AFP / JOEL SAGET
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