A l'occasion du voyage officiel du Président de la République au Vatican, Dominique Schnapper, invitée du Grand Entretien de France Inter, revient sur les enjeux de la laïcité en France : repli communautaire, modèles d’intégration, identité nationale, vivre-ensemble.

Dominique Schnapper, ancienne membre du conseil constitutionnel  (2001-2010) est désormais chargée par le gouvernement de présider un "Conseil des sages" de la laïcité à l’Éducation nationale.  

Quand Emmanuel Macron estime, dans un discours, qu'il faut "réparer le lien avec l'église catholique", Dominique Schnapper estime, elle qu'il "n'y avait pas grand-chose à réparer", puisque "le président est là [de toute façon] pour réparer les liens entre les différents groupes de la société" : 

Il ne faut pas jouer avec un siècle de retard un combat qui a été gagné avec l'Église catholique

Sur le rôle du Conseil des Sages au sein de l'Éducation Nationale 

"Le Conseil des Sages", explique Dominique Schnapper, "est là pour aider un certain nombre d'enseignants et des élèves qui n'ont plus grande conscience de ce qu'est la laïcité" :  

On est là pour aider tout le monde à penser clair     

Et elle détaille : "Dans certains lycées, il est difficile de parler de la shoah, des problèmes du Moyen-Orient en histoire, ou d'aborder certains auteurs comme Voltaire" Et elle reconnaît : "Des problèmes chauds comme l'antisémitisme, la colonisation sont parfois difficile à traiter" là où, avant, les "principes allaient de soi, on avait pas à les formuler". "Il faut essayer de soutenir enseignants et chefs d'établissements en fonction de problèmes nouveaux qui se posent dans la société" : 

"Les sociétés européennes démocratiques sont menacées par un délitement" estime Dominique Schnapper  : "une action internationale vise à déstabiliser particulièrement la France"  

Il faut que les démocrates aient la volonté de se défendre, il faut savoir lutter pour défendre ses propres valeurs    

Que peut faire ce "Conseil des Sages" de l'Éducation Nationale, face à des élèves parfois incrédules : "On essaye au moins que l'institution les soutiennent (...) il n'y pas de tabou dans l'ordre de la connaissance. Nous ne sous estimons pas une seconde la difficulté de la tâche."

Dans ce cas, pourquoi pas un enseignement du fait athée et agnostique à l'école ? Dominique Schnapper parle d'une réflexion sur ce dossier mais que pour l'instant, il y a "des inexactitudes dans les manuels à reprendre, pour étendre aussi à une réflexion sur l'ensemble des faits religieux."

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