Jean-Luc Mélenchon, président du groupe "La France insoumise à l'Assemblée nationale", député des Bouches-du-Rhône, est l'invité du Grand entretien.

L'état d'urgence et les "punitions exceptionnelles"

Jean-Luc Mélenchon a voté contre la prolongation de l'état d'urgence la semaine dernière : "Les multiplications de ces états d'urgence sont attentatoires progressivement à nos libertés". "Les français n’ont pas besoin de ces mesures exceptionnelles qui sont des punitions exceptionnelles".

"On a l'impression que la raison, le débat argumenté, a quitté la possibilité d'exister sur la scène des institutions du pays", a déploré le député des Bouches-du-Rhône. "Il faut que les macronistes comprennent qu'une démocratie, c'est une majorité et des oppositions. C'est l'échange, le dialogue, la confrontation, parfois sévères, qui rend la bonne décision possible."

Le couvre-feu ne le convainc pas, et _s_ur l'hypothèse d'un reconfinement, il assure que  "_comme tout le monde, je n’en serais pas content (…) Nos libertés individuelles sont réduites a minima, on n’a même pas le droit de faire la fête !".  _Mais selon lui, il est clair que "on peut discuter l’imprévoyance absolue de ceux qui n’ont tenu aucun compte d’une possibilité d’une deuxième vague. Ils n’on rien fait, absolument rien et à partir du moment où rien n’a été prévu, nous allons en payer le prix". 

Le député s'inquiète d'une nouvelle pénurie de masques, des gants ou encore de médicaments, avant de présenter les mesures à prendre à ses yeux : "Augmenter le nombre de lits d'hôpitaux". "Ce qu'il faut, c'est soulager tous ceux qui ont des tâches de réanimation, en faisant prendre en charge les autres tâches qu'ils accomplissent par d'autres personnes".

Il alerte sur les risques de rébellion, car, dit-il, "je pense qu’il y a une dérive autoritaire". Selon Jean-Luc Mélenchon, "dans l’esprit du président, il y a quelque chose qui fait peur ; il pense que le pays est une start up nation, il pense que le pays se mène comme ça, à la baguette. Gouverner, c’est organiser le consentement à l’autorité. Vous allez avoir des effets de rébellion qui paraîtront insupportables mais qui seront les résultats de ces mauvaises manière de mener les affaires". 

L'attentat de Conflans : "les musulmans de France ne méritent pas d'être traités comme ils le sont"

Après l'attentat contre Samuel Paty,  Jean-Luc Mélenchon  évoque ses propos sur la communauté Tchétchène, "j'ai eu un mot de trop, je m'en excuse". Il estime que "les membres du gouvernement s'en sont pris à nous d'une manière honteuse"., et considère que cela est revenu "à nous a accroché une cible dans le dos." (en parlant de la France Insoumise). "Cette semaine noire pour la patrie s’est transformée en tempête irrationnelle, tous les ministres se sont répandus en injures contre tout le monde, en nous attribuant le statut de complices des terroristes".

"Jean-Michel Blanquer vient de dire que j’étais tantôt Républicain, tantôt islamiste de gauche. Qu’il le prouve ! Qu’il dise, qu’il cite une phrase, un comportement !"

Pour Jean-Luc Mélenchon, "le ministre de l’Éducation nationale est un ennemi de l’éducation nationale publique".

"J'accuse le ministre de l'Education nationale de ne rien faire et en nous insultant, de faire une espèce de diversion pour qu'on ne parle pas de son bilan", explique le président du groupe de la France Insoumise à l'Assemblée nationale. Il considère que l'administration n'avait rien fait alors que des menaces pesaient sur l'enseignant. "Elle est coupable", détaille-t-il avant de retirer ce terme quelques secondes plus tard "pour ne pas passer ma semaine à me justifier sur tous les tons".

Interrogé sur Charlie Hebdo et son soutien à l'hebdomadaire satirique, il affirme qu'il est "toujours partisan de la liberté de crayonner, de caricaturer (…) Mais après, ne me demandez pas d’assumer tout ce qu’ils font, tous leurs choix". 

"La France est abaissée, humiliée et ridiculisée"

En évoquant la position du président turc Recep Tayyip Erdogan qui s'en est pris dimanche à Emmanuel Macron après les propos de ce dernier sur l'islam, Jean-Luc Mélenchon répond, au sujet du président français, "je ne le soutiendrai plus, le mieux que je puisse faire c’est de me taire." Car, explique-t-il, "au Liban il s’est présenté comme s'il était président. J’ai pensé qu’il y avait quelque chose qui ne tournait plus rond, le soir, il s ‘est corrigé"

Après les tweets d'Emmanuel Macron, en français, anglais et arabe,  indiquant "We are one, nous sommes unis", Jean-Luc Mélenchon répond : "La France est abaissée, humiliée et ridiculisée, que compte-t-il faire à part des tweets ?"

  • Légende du visuel principal: Jean-Luc Mélenchon © AFP / Arthur Nicholas Orchard / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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