Dominique Quinio, membre du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) et René Frydman, gynécologue-obstétricien spécialiste de la reproduction, sont les invités du grand entretien de Nicolas Demorand et Léa Salamé à 8h20.

Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu public, hier, son avis sur les révisions des lois de bioéthique. Le CCNE se montre favorable à l'extension de la procréation médicalement assistée à toutes les femmes. 

Quinze mois après un premier avis, le CCNE s'est à nouveau prononcé pour l'extension de la PMA (procréation médicalement assistée) aux couples de femmes et aux femmes seules et contre la GPA (gestation pour autrui, c'est-à-dire le recours à une mère porteuse).  En revanche, il a changé de position sur l'autoconservation des ovocytes. Il s'agit de la possibilité pour les femmes de congeler leurs ovocytes pour les conserver en prévision d'éventuels problèmes de fertilité après 35 ans.  Alors qu'il y était opposé, il préconise désormais de la "proposer, sans l'encourager", sous réserve de limites d'âge minimales et maximales.  

Dominique Quinio reste opposée à la GPA malgré les discussions avec les associations. 

Faire connaître les conditions d'infertilité

René Frydman insiste sur l'idée que tous les désirs ne peuvent pas forcément être assouvis. Il insiste sur la nécessité d'informer les femmes de la baisse de la fertilité en raison de l'âge. 

Enfin, le CCNE est favorable à l'ouverture de la PMA post-mortem, dans un cas précis: le transfert d'un embryon (c'est-à-dire sa réimplantation dans l'utérus de la femme) fécondé avec le sperme d'un homme avant sa mort. Il y voit le signe que le projet parental était déjà avancé avant la mort du conjoint.

Anonymat des dons

Le CCNE se prononce pour "la levée de l'anonymat des futurs donneurs de sperme", sous réserve qu'ils soient d'accord.  Cette revendication a été portée ces derniers mois par des adultes conçus par PMA, regroupés dans l'association PMAnonyme.  Le risque est de créer une inégalité entre les enfants conçus par PMA selon que le donneur accepte ou pas d'être identifié : certains enfants auraient alors accès à l'identité de leur géniteur, mais d'autres non. 

La gestation pour autrui

Le Comité consultatif national d'éthique est toujours opposé à la GPA, gestation pour autrui. Il avait déjà adopté cette position en juin 2017.

Les préconisations du CCNE doivent permettre de nourrir les discussions parlementaires sur la prochaine révision de la loi de bioéthique. Le gouvernement doit présenter à ce sujet un projet de loi avant la fin de l'année. Le texte devrait être débattu au Parlement au début de l'année 2019. Le président de la République, Emmanuel Macron, s'est dit de son côté favorable à l'élargissement de la PMA. 

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PMA © AFP / Philippe Desmazes
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