L'ancienne ministre de la justice Christiane Taubira est l'invitée du grand entretien, elle publie "Nuit d’Epine" (Plon)

L'ancienne garde des sceaux évoque dans son nouveau livre son amour de la nuit. Elle parle du rapport singulier qu'elle entretien avec ce moment. C'est la nuit qu'elle a commencé enfant à prendre sa liberté et a transgressé en lisant après le couvre-feu sonné par sa mère. "J’ai grandi la nuit... La journée je fais à peu près ce que je dois, la nuit je fais ce que je veux."

Elle évoque des nuits plus difficles, de nuits de drames. Celle où sa mère est morte alors qu'elle était enfant. "“Maman a arrêté de souffrir” me dit mon frère. Cette nuit de la mort de ma maman, ils ont fait du bruit et j’ai dormi.

13 novembre, la nuit des attentats était une nuit très douce. "Même lorsque nous étions avec le président de la République sur le site du Bataclan, l'air était doux, c'était terrible d'affronter un tel malheur dans une telle douceur" Vers 4 h du matin, la ministre de l’époque peux lâcher prise. “Je pleure sur ces jeunes vies arrachées…”. Christiane Taubira lit un extrait de son livre : 

L'ancienne minsitre de la Justice évoque la politique au quotidien. La parole politique au quotidien, elle est souvent à ses yeux dans la démesure. "Je n’aime pas ça.... La chose politique doit être grandiose." La réalité des procès politique fait qu’on ne doit pas banaliser cette expression. 

A propos de Greta Thunberg, Christiane Taubira dénonce “les quolibets, les railleries et surtout l’indifférence..." Pour elle, cette génération de militants écologistes ne se laisse pas faire. "Ils sont insolents et ils nous disent nos vérités... Je trouve cela magnifique.

Pour l'ancienne candidate à la présidentielle de 2002, l’avenir de la gauche n’est pas seulement l’écologie. La gauche reviendra, le monde a besoin des idéaux de gauche, de penser l’avenir et le monde. 

Mais elle refuse répondre oui ou non lorsqu'on l'interroge sur son souhait de se présenter à nouveau à l'élection présidentielle de 2022. "Ce n’est pas dans mon esprit. je ne sais pas y répondre" dit-elle. Elle ajoute ne pas croire aux femmes et aux hommes providentiels. "J’ai envie de participer à quelque chose, de mettre nos derniers espoirs dans quelque chose."

Au sujet des débats sur l'immigration ouvert par Emmanuel Macron, elle estime que les propos du président au sujet des classes populaires et de l'immigration sont "mesquins".  "C’est une insulte aux classes populaires qui aident le réfugié". Pour elle, la réalité à ce sujet, n’est certainement pas cette vision insulaire du monde. Elle juge que les propos du Président sont : "un recyclage de propos entendu fin 80, en 1993 et en 2007".

  • Légende du visuel principal: Christiane Taubira © Radio France /
Les invités
  • Christiane TaubiraAncienne garde des Sceaux, ministre de la Justice dans les gouvernements de Jean-Marc Ayrault I et II, puis de Manuel Valls I et II
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