Jean Viard, directeur de recherche associé au Cevipof et au CNRS, est l'invité du grand entretien de Frédéric Métézeau à 8h20.

Le sociologue Jean Viard a livré ce jeudi, au micro de Frédéric Métézeau, sa lecture du mouvement de contestation des "gilets jaunes". Pour le chercheur, ce mouvement est le résultat d'un "bricolage" permanent de la démocratie qui a eu pour effet de couper les parlementaires des territoires, en raison du non cumul des mandats, notamment. 

Sur la question du référendum d'initiative citoyenne, le RIC, prôné par le mouvement, Jean Viard estime que cela n'aura de sens que si ces référendums sont préparés, discutés, débattus. Il appelle à ne pas se détourner des députés, qui joueraient là pleinement leur rôle.

Le sociologue pointe la façon dont est pensée la société française et ses incohérences. Il y a, d'une part, le revenu des retraités, dont les besoins en pouvoir d'achat ne sont pas bien appréhendés par les politiques. S'il se redit opposé à une hausse si importante de la CSG - "deux cents euros, c'est trop", Jean Viard appelle tout de même à considérer que 80 % des retraités ne paient pas de loyer car ils sont propriétaires de leur logement. Par cet argument, le chercheur compare le mode d'évolution des salaires en France, par rapport à d'autres pays occidentaux. Chez nous, explique-t-il, "plus on est vieux, plus on doit gagner d'argent". Résultat : les actifs gagnent moins que les retraités, alors que c'est lors de la vie active que l'on a le plus besoin d'argent, parce que l'on construit sa vie, que l'on a des enfants, que l'on devient propriétaire de son logement, etc. Une situation à l'inverse de ce qui se fait ailleurs, où les salaires évoluent très vite en début de carrière et stagnent ensuite, après 50 ans, au moment où l'on a terminé le remboursement de son prêt immobilier, par exemple.

Un autre point sur lequel insiste Jean Viard, c'est le statut du mariage et de la mère célibataire, dont l'importance est mal jaugée. Le sociologue est affirmatif : le mariage n'est plus la norme et donc, il faut conditionner la redistribution de l'impôt en fonction des enfants que l'on élève, et non de son statut juridique.

  • Légende du visuel principal: Jean Viard © Radio France
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  • Jean ViardSociologue, directeur de recherche associé au Cevipof-CNRS
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