Israël Nisand, gynécologue-obstétricien, président du Collège national des gynécologues et obstétriciens (loi bioéthique) est l'invité du Grand Entretien.

Israël Nisand, président du Collège national des gynécologues et obstétriciens
Israël Nisand, président du Collège national des gynécologues et obstétriciens © AFP / FREDERICK FLORIN

"Ça fait des mois qu'on discute de ces sujets, le projet de loi est une avancée considérable dans la manière d'envisager la reproduction dans notre pays" estime Israël Nisand, président du Collège national des gynécologues et obstétriciens : "Ça montre que les valeurs des Français ont évolué rapidement". Le spécialiste plaide tout autant pour un remboursement de la PMA ("Ce serait une bonne chose qu'il n'y ait pas de discrimination entre les riches et les pauvres en matière de reproduction")  et toute absence de discrimination :  

Droits de l'enfant respectés

Face aux détracteurs de cette loi bioéthique, le Pr Nisand analyse que "Les opposants essaient de faire glisser le débat vers la GPA, on est dans le hors sujet": "Je suis surpris de ne jamais entendre la Manif pour tous s'inquiéter du droit de l'enfant (...) On sait très bien que les droits de l'enfant n'ont pas été obérés par la FIV, la fécondation artificielle (...) La Manif pour tous a mauvaise grâce de parler des droits de l'enfant alors qu'elle ne s'en préoccupait pas jusqu'ici".

Par ailleurs, le spécialiste se dit aussi favorable aux PMA postmortem mais propose sa limitation dans un délai clair, "parce qu'un enfant n'est pas une pierre tombale".

Indemniser les donneurs

Alors que beaucoup de femmes, en France, opte pour une congélation de leurs ovocytes dans des pays limitrophes comme l'Espagne ou la Belgique, le Pr Nisand, lui, plaide pour une "reconnaissance de l'effort" fait par les femmes qui donnent gamètes et ovocytes. Une reconnaissance qu'il faudrait aussi, selon lui, appliquer aux donneurs de sperme : "Je suis pour une grande campagne en matière du don de sperme" poursuit-il, estimant que "tous les gens qui pourraient donner dans notre pays ne sont pas sollicités". Le gynécologue insiste aussi sur l'abandon nécessaire de l'anonymat de ces donneurs en particulier : 

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