L'écrivain et philosophe Régis Debray est l'invité du Grand entretien ce vendredi, pour la sortie de son livre "D'un siècle l'autre" (ed. Gallimard). Il y retrace l'histoire d'un siècle et ses évolutions dont il a été témoin.

"Quand on voit le bout du chemin, on a envie de se retourner et de se demander à quoi on a servi", témoigne Régis Debray. "De mettre sa mémoire personnelle en rapport avec l’histoire des autres, l’Histoire tout court. Je dis 'je' parce que je ne veux pas mentir et je veux dire ce qui n’a pas marché. Ce n’est pas pour me mettre en scène, c’est pour être le plus authentique possible", explique le philosophe qui publie D'un siècle l'autre dans lequel il retrace l'histoire d'un siècle et ses évolutions dont il a été témoin.

"Je ne dis pas que c’était mieux avant, je dis que c’est bien d’être là pendant que ça se passe."

"C’est passionnant de voir naître un monde nouveau qu’on ne connaît pas. D’expérimenter le passage de la lettre écrite à la main au tweet, du campagnard au péri-urbain, d’un monde patriarcal et machiste à un monde féminin sinon féministe. Je trouve que c’est une expérience rare", poursuit-il.  

Violences policières : "L'Etat de droit est un travail de chaque jour" 

À propos de l'affaire qui implique plusieurs policiers du XVIIe arrondissement de Paris, pour des faits apparentés à des violences policières, Régis Debray souligne : "Heureusement qu’il y a eu une image. On peut toujours mentir avec les mots, c’est plus difficile avec les images." 

"L’État a le monopole de la violence légitime et c’est fondamental, sinon c’est la rue qui prend le pouvoir. Mais encore faut-il que la violence exercée ne soit pas celle de voyous. Sinon c’est l’État qui cesse d’être légitime. Ce qui se passe est donc extrêmement grave", analyse-t-il. 

"L’État de droit est un travail de chaque jour. C’est un appel à la vigilance, à l’effort sur soi-même. Au fond, c’est dur d’être civilisés. Il faut se contrôler, parfois même s’auto-censurer. Freud l’a montré : si on se livre à nos seules pulsions, nos seuls affects, on va se conduire très mal, de façon impolie mais aussi de façon agressive."

  • Légende du visuel principal: Régis Debray, en 2017 © AFP / BERTRAND GUAY
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