Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT et invité de France Inter lundi matin, a appelé à un mouvement de grève le 5 février prochain. Le responsable syndicat a estimé qu'il fallait, au delà des rond-points, agir un maximum dans les grandes entreprises, "là où se situent les richesses".

"Nous avons fait un appel à une grève pour le 5 février, pendant 24 heures" a expliqué sur France Inter lundi matin, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT : "Le samedi c'est bien d'occuper la rue et les ronds-points, mais l'argent est dans les très grandes entreprises. Les inégalités se font dans les entreprises."  

"Les richesses se créent dans les entreprises : l'année dernière, les 40 plus grandes entreprises françaises ont versé 57,4 milliards d'euros à leurs actionnaires. C'est pus de 60% des bénéfices qui vont dans leurs poches. Cet argent, si on ne partageait mieux ça pourrait aller au Smic, C'est bien au cœur des entreprises et notamment les plus grandes qu'il faut agir" a-t-il affirmé. 

Sur cette même journée de grève, Laurent Berger de la CFDT dénonce une journée décidée de façon unilatérale par la CGT. Pourtant, Philippe Martinez a affirmé ce matin qu'elle avait été imaginée avec le premier syndicat et Force ouvrière. "Laurent Berger a dû perdre la mémoire. Nous nous sommes vus à plusieurs reprises pour préparer cette journée. Curieusement, au dernier moment, il a retiré sa signature. Je ne sais pas pourquoi."

Rapprochement avec les "gilets jaunes" ?

Interrogé sur les "gilets jaunes" et l’importance de la mobilisation, Philippe Martinez estime que cette mobilisation ne se résume pas à dire ‘Macron démission’. "J’entends hausse du Smic, des salaires, des pensions, de la justice fiscale et retour de l’ISF, plus de services publics et beaucoup de questions sociales qui sont au cœur de ce mouvement. des revendications que nous portons depuis longtemps" a-t-il estimé. 

C'est lorsque ces revendications sociales sont apparues que Philippe Martinez dit avoir voulu se rapprocher des "gilets jaunes" : "Depuis un mois et demi, nous avons dit que partout où c'est possible, la CGT peut se joindre. Mais nous ne manifesterons pas avec ceux qui ont des slogans racisites, xénophobes, sexistes" a rappelé le patron du syndicat. 

Répondant à la colère d'un auditeur qui estimaient que le "grand débat national" et les "gilets jaunes" échappait au syndicalisme et que la CGT tentait de récupérer le mouvement, Philippe Martinez a estimé que la question des inégalités et des injustices sociales dans ce pays méritait une journée de grève. 

"Il faut réquisitionner l'usine Ford"

Philippe Martinez s'est aussi exprimé sur la reprise de l'usine Ford de Blanquefort en Gironde, estimant que le gouvernement devrait la "réquisitionner" : "Ford a bénéficié d'aides publiques colossales. L'usine est payée, deux ou trois fois. C'est scandaleux de donner des aides publiques et puis, le jour où le groupe décide de fermer l'entreprise, de faire mine d'être outré sans rien faire."

Interrogé, enfin, sur son avenir à la tête de la CGT, Philippe Martinez a botté en touche expliquant que le sujet serait évoqué mercredi par les instances dirigeants du syndicat. "Je n'y ai pas pensé en me rasant ce matin" a-t-il éludé.

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Philippe Martinez © AFP / Ludovic Marin
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