Marlène Schiappa, Secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations est l'invitée du Grand entretien.

La secrétaire d’État revient sur les dernières mesures envisagées par le gouvernement contre les violences faites aux femmes, “aboutissement concret du Grenelle” sur la question, et notamment la question du secret médical des médecins. “la proposition que nous faisons, _c‘est que le médecin peut signaler les violences, il n’y a pas d’obligation mais il a la possibilité de le faire_. Il faut arrêter avec ’c’est pas ma responsabilité’.”

“La loi française interdit à un adulte d’avoir un rapport sexuel avec un mineur de moins de 15 ans”

Sur la question de l'âge minimum de présomption de non-consentement, Marlène Schiappa assure qu’il figure “déjà dans la loi” et dénonce des campagnes de fake news sur le sujet. “Quand vous avez moins de 15 ans, il y a présomption de contrainte morale, donc c’est rattaché à la définition du viol. Le mot de consentement ne figure pas dans la loi, parce qu’un consentement peut s'extorquer. Beaucoup d’experts nous disent qu’il ne faut pas inscrire le mot de consentement dans la loi.” _

Le problème pour elle, c‘est que les fausses informations sur le sujet sont dangereuses : “Quand un pédocriminel voit ces fausses informations [sur l’absence d’âge minimum], il se dit “je risque rien, j’ai le droit, la loi française ne me l’interdit pas”. SI, la loi française interdit à un adulte d’avoir un rapport sexuel avec un mineur de moins de 15 ans, c‘est puni d’amendes et d’années de prison, il faut le dire.”

Elle complète : “Je rappelle la définition du viol : c’est un rapport sexuel avec pénétration obtenu sous la menace, la violence, la contrainte ou la surprise. Ce qui est induit, c’est l’absence de consentement. Mais au lieu d’utiliser le mot vague de ’consentement’, le législateur a décidé de le caractériser. […] Je suis révoltée par toute décision de justice qui considère qu’une petite fille de 11 ans puisse être consentante, pour moi c’est un dysfonctionnement grave de la justice. Oui, je critique une décision de justice : ce qui doit être vu, ce n‘est pas la critique de la société envers une décision de justice, ce sont ces décisions de justice.”

L’affaire Matzneff, “un dysfonctionnement majeur de toute la société”

La secrétaire d’État revient également sur l’ouverture d’une enquête sur l’écrivain accusé de pédocriminalité. “L’affaire Matzneff, c’est un dysfonctionnement majeur de toute la société. _Des Matzneff, y’en a partout, dans tous les milieux, il faut les dénoncer_.” Elle estime aussi que dans son cas comme dans d’autres, ce qui fait la différence, “c’est pas question de la puissance de l’auteur, c’est la question de la puissance de la victime”.

Peut-on comparer la fin de publication par ses éditeurs des ouvrages de Gabriel Matzneff comme de la censure, comme le disent certains ? Certainement pas, pour Marlène Schiappa : “Il y a beaucoup de confusion entre le mouvement en France, où personne ne lance d’appel à la censure, et le mouvement aux États-Unis. _Le problème de Matzneff, c’est pas ce qu’il écrit, c‘est ce qu’il fait. Un écrivain, il écrit ce qu’il veut_.”

“C’est un délit de s'adonner à du cyberharcèlement en meute”

Sur l’affaire de la jeune femme harcelée sur les réseaux sociaux suite à des propos sur l’islam, la secrétaire d'État explique avoir contacté sa famille, qui lui a rappelé qu’elle ne souhaitait pas “de récupération politique d’aucune sorte”. Toutefois plus largement, elle répond à ceux qui estiment qu’elle l’aurait “cherché” : ”Ce sont des propos criminels, coupables. Je me bats contre l’idée qu’une femme, une jeune fille, qui que ce soit aurait cherché à être harcelé. (...) Je rappelle que le cyberharcèlement en meute est condamné, c’est un délit de s‘y adonner."

  • Légende du visuel principal: Marlène Schiappa, invitée du Téléphone Sonne de France Inter. © Radio France / Capture d'écran France Inter
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