Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, est l'invité de Nicolas Demorand.

Le premier président de la cour des comptes, Didier Migaud est l'invité de Nicolas Demorand à l'occasion de la publication de son rapport sur "la situation et les perspectives des finances publiques". 

Le cap fixé par le gouvernement sera-t-il respecté ? La prévision de déficit du gouvernement est-elle  "atteignable" dans un climat de croissance défavorable ?  

Dix après la crise, "il y a une nette réduction du déficit de nos comptes publics : c'est positif, et c'est dû essentiellement à une accélération de l'activité et par une croissance plus soutenue, sans effort structurel (...) Ça va mieux en apparence mais la dette continue d'augmenter, nous sommes le seul pays de la zone euro dans ce cas."  

La non-maîtrise de l'endettement peut avoir des conséquences, la situation reste fragile

Interrogé sur le "pognon de dingue" des aides sociales, Didier Migaud refuse de commenter la forme, mais interroge sur le fond : "Nous avons une dépense publique parmi les plus élevées au monde. Avons-nous les résultats en proportion de ce niveau de dépenses publiques? Nos travaux constatent très souvent un décalage (...) On peut avoir une action plus efficace sans forcément augmenter les dépenses publiques."   

Il n'y a pas de lien systématique entre le niveau de la dépense publique et la croissance dans un pays

"Entre 2007 et 2017, la dépense publique a augmentée de 250 milliards d'euro" précise Didier Migaud.

Sur la SNCF :  l'état a-t-il les moyens de reprendre 35 millions d'euros de dette ? "Il faut savoir si c'est utile", estime Didier Migaud, "tout va dépendre du traitement comptable de la SNCF."    

Sur le travail de la Cour des comptes à l'égard des mesures budgétaires prises par le gouvernement : "Nous ne contestons pas les mesures prises, nous regardons leur cohérence". Et cette institution doit-elle davantage montrer l'exemple, réformer son fonctionnement et revoir ses effectifs : "Il faut comparer le budget de la cour des comptes et des juridictions financières avec celles de l'Allemagne, l'Angleterre,l'Italie : nous sommes en sous-effectifs avec des budgets moindres. ll faut savoir si on veut que des contrôles soit fait, si c'est une priorité. Nous avons limité nos dépenses, mais il faut savoir si l'on souhaite que des contrôles soit faits".

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Didier Migaud © AFP / FRANCOIS GUILLOT / AFP
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