Le PDG de SNCF Réseau est l'invité du Grand Entretien du 7/9 d'inter. Il répond aux questions de Nicolas Demorand, Léa Salamé et les auditeurs de France Inter.

La réforme ferroviaire, décriée par la gauche et les syndicats, arrive demain mardi au Sénat avec de nouvelles retouches en vue, dont des signaux pour les syndicats réformistes avec la bénédiction de l'exécutif. 

Après le vote favorable à l'Assemblée, les trois jours de débats au Sénat vont permettre d'aboutir à un texte conforme à la volonté que porte le gouvernement, avec notamment la reprise de certains apports demandés par l'Unsa et la CFDT, a souligné Edouard Philippe.  A la SNCF, l'Unsa et la CFDT s'apprêtent à saisir les perches que le débat au Sénat leur offre cette semaine. De son côté, le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, a estimé qu'il n'était pas imaginable que la grève des cheminots contre la réforme ferroviaire du gouvernement se poursuive durant les vacances d'été. 

Patrick Jeantet, PDG de SNCF Réseau, estime que "l’intersyndicale est divisée. Deux syndicats ont saisi la main tendue du Premier Ministre. Ils ont négocié des amendements qui seront voté au Sénat. Je pense que le Premier ministre et la ministre des Transports ont mis sur la table des éléments importants sur le financement du système ferroviaire". 

Le gouvernement annonce la reprise de 35 milliards d'euros de dettes, sur les 47 milliards de l'opérateur public. 

Pour SNCF Réseau, l’enjeu, c’est l’investissement sur le long terme. On a sous-investi dans le réseau classique. On rattrape le passé, et on modernise avec les nouvelles technologies.

La réforme s'appuie sur trois piliers, explique Patrick Jeantet : le maintien du monopole public, un cadre financier pour investir plus massivement et 200 millions d'euros d’investissements dès 2022.

Selon lui, "12 milliards de dette, c'est supportable pour une SA de taille très importante, contrôlée par l'Etat à 100 %".

Un cadeau pour les entreprises privées ? Non.

La grève, et après ? 

Patrick Jeantet conteste le résultat du référendum mené par les cheminots et il estime que "cette grève va laisser des traces dans l’entreprise". "70 % de nos personnels sont opposés à la réforme", assure le patron de SNCF Réseau.

Le train dans cinquante ans ? 

Pour Patrick Jeantet, qui explique avoir  "investi sur l'hyperloop (on pourra circuler à 1000 km/h, comme dans un avion)", "beaucoup de nos employés travaillent sur des taches répétitives, mais à l'avenir ils seront déployés vers le service aux clients".

Le député Sébastien Jumelles interpelle Patrick Jeantet sur la première illustration des abandons des "lignes de vies", ou d'intérêt local, comme celle du Tréport-Dieppe, dont le dernier train a circulé ce week-end. Ces lignes d’intérêt local ne font pas partie de la réforme.

Là, ce sont des décisions conjointes Etat-région. SNCF est à disposition des régions et de l’Etat pour rénover ces lignes.

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Patrick Jeantet © AFP / Eric FEFERBERG
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