Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères s'est dit "réconforté" par une "belle démonstration démocratique" lors des élections européennes. "Les Européens ont pris leur destin en main", a-t-il expliqué sur France Inter, mardi matin.

Jean-Yves Le Drian
Jean-Yves Le Drian © AFP / Ludovic Marin

"On a assisté à une belle démonstration démocratique", a estimé Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, au sujet des élections européennes. "Il s’agit d’une forte mobilisation, d’un sursaut. (...) Les Européens prennent leur destin en main". Il estime par ailleurs, qu'en France, cela montre que "l’élection présidentielle de 2017 n’est pas un accident" et que "la restructuration du paysage politique français se poursuit". À ce sujet, le ministre, invité de France Inter mardi matin, juge que le pôle de gauche au sein de la majorité "ne s’est pas suffisamment exprimé" et qu'il doit "plus faire entendre sa voix".  

Djihadistes condamnés en Irak : "Nous multiplions les démarches pour leur éviter la peine de mort"

Interrogé sur la question des quatre djihadistes condamnés à mort en Irak, Jean-Yves Le Drian juge qu'il y a "deux principes contradictoires". "Les terroristes qui nous ont attaqué, semeurs de mort en Irak, doivent être jugés là où ils ont commis leurs crimes. C'est à la justice irakienne de les juger. Mais nous sommes complètement opposés  la peine de mort, partout, y compris aux États-Unis et donc en Irak aussi" affirme le ministre des Affaires étrangères. Ainsi, il assure par ailleurs que Paris "multiplie les démarches pour éviter la peine de mort à ces quatre Français". 

Journalistes convoqués par la DGSI : "Ça fait partie des procédures"

Interrogé par un auditeur sur la question des nombreux journalistes convoqués par la DGSI ces dernières semaines. Pour Jean-Yves Le Drian, "la réponse est très simple : il y a des documents classifiés (confidentiel ou secret défense) et toute personne non habilitée à en avoir la possession est soumise à une poursuite judiciaire systématiquement. Ça fait partie de la manière dont l'État doit fonctionner, et s'il n'y a plus de secret défense ou de documents classifiés pour assurer la sécurité de notre pays, alors on va dans une situation extrêmement compliquée". 

Assurant qu'il ne cherchait "pas du tout" à intimider les sources, le ministre a martelé que c'était "comme cela" : "Ce n'est pas une chasse aux journalistes. Dès que vous rompez ce secret défense, vous êtes poursuivi. La publication de documents secret défense fait systématiquement l'objet de poursuites, quoi qu'il arrive".

Au Yémen, "une sale guerre" qu'il "faut arrêter"

"Oui c'est une sale guerre, oui il faut l'arrêter", a déclaré Jean-Yves Le Drian au sujet du conflit au Yémen et de la vente d'armes par la France à l'Arabie saoudite. "Il faut que les Saoudiens et les Émiriens arrêtent, il faut être extrêmement vigilant sur les ventes d'armes à l'égard de ces pays. C'est ce que nous faisons, nous sommes tout à fait respectueux d'un traité qui concerne le commerce des armes, un traité international que nous respectons scrupuleusement", a-t-il ajouté. 

Il a toutefois jugé qu'on ne pouvait pas commenter la situation au Yémen sans regarder son histoire : "On ne peut pas parler de ce qu'il se passe au Yémen et des ventes d'armes à l'Arabie saoudite sans mettre tout ça dans un contexte", insiste-t-il. "En 2015, le gouvernement du Yémen issu du printemps arabe, dirigé par Monsieur Hadi, a été renversé par un groupe qui s'appelle les Houthis, armé par l'Iran. Non seulement il a été renversé, mais par ailleurs ont prospéré dans ce pays à la fois Al-Qaïda, dont on sait qu'il a formé au Yémen ceux qui sont venus nous frapper ici en France, et aussi Daech. Tout ce monde-là contre Monsieur Hadi. Et en plus, ces groupes ont attaqué l'Arabie saoudite par des roquettes, par des missiles", a précisé le ministre. 

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