Le maire de Pau et président du Modem, François Bayrou, haut-commissaire au Plan devant le Conseil économique, social et environnemental (CESE), est l'invité du Grand entretien de la matinale de France Inter.

François Bayrou commence pourtant par ce constat : "On ne peut pas ne rien faire, et c’est quelque chose qu’il faut prendre en compte. Cette épidémie galope, explose, et met à l’épreuve notre système hospitalier. On voit bien que d’ici quelques jours, quelques semaines au maximum, on risque de se trouver dans une situation totalement déstabilisée."

En revanche, il rejette la possibilité d'un "reconfinement généralisé”, "l’idée que l’on refermerait tout. Si on peut l’éviter, notre devoir est d’essayer de l’éviter, tout en gardant les précautions sanitaires qui s’imposent. Reconfinement généralisé, ça veut dire qu’on ferme les lieux de travail et les écoles."

"On voit que dès cet instant-là, la vie du pays s’arrête. C’est un risque qu’il faut éviter autant que possible, sans porter atteinte à l’action qui vise à bloquer et à ralentir l’épidémie, suffisamment pour qu’on puisse agir contre elle et soigner les malades qui sont plus exposés. Moi, je ne me prononce pas pour un reconfinement généralisé. Je pense qu’il faut prendre des mesures de précaution pour ne pas paralyser le pays comme on l’a fait au printemps."

François Bayrou souhaite aussi qu'on ne ferme ni les écoles, ni les collèges et lycées... Ni les Ehpad. "On ne peut pas les fermer comme on les a fermés au printemps. Parce que c'est trop difficile pour les pensionnaires et pour les familles ! Qu'il faille des précautions oui, mais les fermer ce n'est pas possible". 

Il met aussi la responsabilité de la situation actuelle sur le comportement de certains citoyens. "Pendant les vacances, il y a eu des afflux de populations parfaitement décidées à ne pas respecter des règles et les mesures sanitaires. Ils avaient décidé que c'était fini et qu'on ne se soumettrait pas à tout ça !"

"Il est très important de faire preuve de sang-froid et de bon sens"

Pour lui, reconfiner serait céder à la panique. "La pente des médias, c’est de toujours vouloir aller à l’excès. Oui, j’ai dit qu’il y avait une épidémie qui explosait. Je pense qu’il est très important de faire preuve de sang-froid et de bon sens. Il s’agit de préserver des vies et de préserver la vie de la nation."

"On peut faire preuve d’un minimum de calme et sang-froid dans une situation difficile, mais dans laquelle le pays ne va pas disparaître… C’est un pays suffisamment fort, suffisamment mûr pour faire face à une situation qui s’impose à tous les pays du monde, et dont personne n’est responsable."

Que répond-il aux alertes lancées par les soignants (notamment le président de la Fédération hospitalière de France, sur France Inter), qui estiment que l'hôpital est fragilisé face à cette deuxième vague, avec des personnels moins nombreux et épuisés par la situation précédente ? "Je suis moi aussi président d’un hôpital, celui de Pau", rappelle François Bayrou. "Et l’hôpital de Pau est mieux entraîné, mieux armé, mieux organisé aujourd’hui qu’il ne l’a été au printemps, puisqu’il a fait face à la première vague. On a déclenché le plan blanc avant-hier, tout le monde se prépare à la montée des cas difficiles. On a acheté des médicaments qu’on n’avait plus au printemps. On a acheté près de 10.000 respirateurs, qui permettent “d’armer des lits”."

"Est-ce que c’est parfait ? Non mais dans la vie il arrive assez souvent qu’on rencontre des difficultés !"

Le haut-commissaire au plan conclut : "L’essentiel, c’est-à-dire la préparation à ce que nous allons vivre, a été mieux pris en compte pour cette deuxième vague que pour la première. Même s’il est possible aussi que deuxième vague soit plus compliquée que la première."

  • Légende du visuel principal: François Bayrou © AFP / Thomas Samson
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