L'écrivain Marc Weitzmann, auteur de "Un temps pour haïr" (éditions Grasset) est l'invité du Grand Entretien de France Inter.

Marc Weitzmann est l'invité de Nicolas Demorand pour son son dernier ouvrage Un temps pour haïr (éditions Grasset).

Mêlant reportage et essai, le romancier nous propose un regard sur la France post-attentats et les courants populistes qui structurent aujourd'hui le climat intellectuel français. Une véritable "archéologie de la haine" fondée sur une analyse historique du djihad et de l'antisémitisme en France. 

"J'ai fait comme tout le monde quand les attentats ont commencé, je suis resté incapable d'écrire quoi que ce soit (...) Je trouvais tout ce qui s'écrivait intéressant mais en même temps insuffisant, trop désireux de tout expliquer à travers une seule grille de lecture...tout ça restait théorique", explique l'écrivain qui a voulu "centrer sur les faits mais aussi sur la façon des les gens les racontent". Marc Weitzmann a rencontré des proches de victimes, mais aussi des islamistes partis en Syrie : "C'est un livre sur la façon dont les gens racontent la violence, la haine"    

L'ambition du livre, ça été très vite de tout reprendre jusqu'à aujourd'hui, en essayant d'inclure tous les facteurs d'explication

Sur le retour de propos extrêmes susceptibles de raviver les violences, comme ceux tenus récemment par l'écrivain Éric Zemmour : "La mort du gaullisme ravive des discours qui viennent des années trente."

Ce n'est pas forcément le contenu, mais il y a aussi ce truc nihiliste punk d'admirer quelqu'un qui dit n'importe quoi à la télévision

Marc Weitzmann raconte sa perception du procès Merah auquel il a assisté : "C'était fascinant, un mélange de haute pathologie et de politique." Et quand on l'interroge sur l'antisémitisme en France, l'écrivain explique : "Fin 2014, on dénombrait 800 incidents anti-juif par jour". Pour l'écrivain, ce sont "des actes pulsionnels dont on ne sait pas à quoi ils correspondent."  

L'antisémitisme a baissé aujourd'hui mais reste à un niveau anormalement haut avec des agressions plus violentes, comme une énergie qui reste en réserve en attendant l'explosion

"Je ne mets pas de kippa dans la rue, mais j'ai déjà fais attention dans le métro à ce que je lisais, à ne pas avoir un livre ostensiblement juif". Et si un auditeur de confession juive lui pose la question de l'Aliyah (le retour en terre sainte, ndlr) : "La France a servi de laboratoire à la violence depuis 17 ans  (...) mais le visage de cette violence est international, ça ne sert pas toujours à quelque chose de partir".

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Marc Weitzmann © DR
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