L'historien et écrivain Ivan Jablonka est l'invité du grand entretien pour la sortie de son dernier ouvrage « Des hommes justes. Du patriarcat aux nouvelles masculinités » (ed. du Seuil).

Ivan Jablonka, historien et écrivain
Ivan Jablonka, historien et écrivain © Radio France / Emmanuelle Fournier

L'historien revient à la Révolution Française. Il évoque le 4 aout 1789, moment où les aristocrates, les nobles renoncent à leurs privilèges. Mais ils oublient d’évoquer la justice de genre.  Aujourd’hui, à ses yeux, "les formes de dominations patriarcales demeurent. Le mot patriarcat n’est pas un mot polémique. Dans les programmes scolaires, on parle très peu de domination masculine, pourtant c'est l'un des événements les plus importants de l'Histoire humaine !"

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Pour Ivan Jablonka, il faut porter une dimension critique sur le masculin. Quels hommes acceptent de réfléchir sur le modèle masculin ? Quelle masculinité voulons-nous ? Il faut questionner les rôles sociaux des hommes.

Est-ce qu’Emmanuel Macron est féministe ? Pour lui, il y a une différence entre ce qu'affiche l'exécutif et la réalité : "À l'Élysée, on travaille entre mecs, et même entre jeunes loups".

Pour lui, la misogynie n’est pas une question de bord politique. Proudhon est un des plus grands misogynes alors que c’est l’un des fondateurs de l’anarchisme.

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L'historien développe aussi la notion d'un homme juste, qui passe d'abord selon lui par un examen de conscience, puis par le partage notamment  du pouvoir et enfin par l'acceptation des guerres du masculin. L’homme juste est une utopie dans le livre : "les utopies sont bonnes, elles manquent aujourd’hui. Un homme juste accepte de prendre position dans les guerres du masculin, qui opposent les masculinités de domination et les nouvelles masculinités, que j'essaie de promouvoir."

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Les femmes sont des "conquérantes, pas des victimes"

Pour lui, il y a une absence de réflexion sur les pratiques, "Pourquoi une jeune femme jolie et en robe aurait-elle besoin d’être secourue ?" Il faut interroger la différence entre la drague et le harcèlement, sur "le consentement mais aussi sa manifestation".

Pour l'auteur, la question n’est pas celle des oppresseurs et des victimes. Le livre cherche une masculinité compatible avec les droits des femmes. 

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À propos de #Metoo, il y a simplement une montée des doutes mais pas de révolutions. "Le mouvement a fait réfléchir beaucoup d’hommes, mais c’est à titre privé. La drague est quelque chose de positif mais 100% des femmes en milieux urbains ont vécu le harcèlement de rue."

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