Jean-Louis Bourlanges, député Modem des Hauts-de-Seine, est l'invité du grand entretien de Nicolas Demorand et Léa Salamé à 8h20. Il réagit au climat social de ces derniers mots, avec des mots pas toujours tendres pour la majorité actuelle…

Le climat social en France est-il en train de sombrer dans l‘affrontement ? Jean-Louis Bourlanges s’en inquiète : "Il y a des actions spectaculaire et médiatisées, mais je crois que le niveau de violence physique, verbale, l’intolérance montent, tout comme les prises à partie personnelles et les mises en cause de parlementaires. Or le reproche principal qu’on peut faire aux parlementaires, c’est d’avoir été élus par leurs concitoyens... C’est pas Louis XVI ! Macron, on peut le promener au bout d’une pique, il est quand même élu par le peuple français."

Toutefois, il reconnait une large responsabilité de la majorité dans ce climat : "Sans doute, on n'aurait pas dû organiser la majorité comme on l'a fait, on n'aurait pas dû écraser les sensibilités politiques. La droite et la gauche se sont rapprochés parce qu’elles avaient plus en commun que la droite avec l’extrême-droite et la gauche avec l’extrême-gauche. […] Macron a exploité le fait que le clivage était devenu la France lepéniste contre l’autre, mais il n’a pas du tout créé ce système. En revanche la droite et la gauche se sont disqualifiés : on n’a pas su répondre suffisamment, et le malaise s’est accentué."

"On a une police qui est beaucoup plus une police de l’État qu’une police des citoyens"

Sur les violences policières, Jean-Louis Bourlanges ne nie pas "qu’il y en a, il y a des photos accablantes". "Mais il est inimaginable, par rapport au climat de violence dans la société depuis un an, qu’il n‘y ait pas eu de violences policières. Je ne dis pas que c’est légitime, mais on est dans une situation où la violence est partout. Je crois qu’il faut reprendre la gestion des affaires policières à la base, tout est à reprendre : la formation, l’encadrement. On a une police qui est beaucoup plus une police de l’État qu’une police des citoyens."

"Très prudent, voire réservé" sur la réforme des retraites

Le député MoDem n’est pas tendre avec cette réforme qu’il juge "inopportune et prématurée". "On n’impose pas un changement aussi important, un remodelage général des droits de chacun, à une société traumatisée par un an d'affrontement avec les gilets jaunes. Il y avait besoin d'une pause."

"Pour l’instant, le gouvernement présente non pas une réforme mais une idée de réforme", explique Jean-Louis Bourlanges. "Le principe ‘1 euro cotisé doit donner lieu aux mêmes droits' est incompatible avec le principe 'un couvreur ne doit pas partir au même âge qu’un comptable'. Toute une quantité de gens ont des régimes particuliers, et pas pour rien."

  • Légende du visuel principal: Jean-Louis Bourlanges © AFP / Jean-Louis Bourlanges
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