Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale, est l'invité du Grand entretien de France Inter.

Pour le président LREM de l'Assemblée nationale, il n'y aucun problème de méthode avec le déroulé de la prise de décision sur l'épidémie. "D’abord il y a des concertations, puis un conseil de défense, où participent l’ensemble des ministres concernés, puis un conseil des ministres où le Premier ministre donne les grandes lignes, le Premier ministre vient ensuite devant l’Assemblée nationale et le Sénat, et c’est soumis au vote, ce qu’il n’est pas contraint de faire par la Constitution. Je ne vois pas bien ce qui dans notre démocratie aurait pu être fait de mieux."

"Je rends un hommage particulier au Premier ministre Jean Castex", ajoute Richard Ferrand. "Non seulement il fait preuve d’un grand courage, d’une vaillance de chaque instant, mais qui de surcroît n’enjambe aucune difficulté démocratique, et au contraire concerte, rassemble et vient devant les assemblées."

"C’est un peu facile d’être tout le temps dans une posture de contestation"

On ne connaîtra le détail des mesures qu’à 18h30 ce jeudi soir, avec la conférence de presse de Jean Castex : du coup, de quoi débattra-t-on à l’Assemblée ? “Qu’auriez-vous dit s’il avait d’abord fait une conférence de presse en ne venant à l’Assemblée qu’après ? Ça, ç’aurait été une manière de ne pas respecter notre vie démocratique. Il vient devant les chambres, et pas simplement pour dire des généralités : il vient présenter les dispositifs concrets de mise en oeuvre  des décisions prises par le président de la République, et ensuite il viendra devant vous et vos confrères répondre à toutes vos questions.”

"Ceux qui viennent dire que les concertations n’ont pas lieu, que le Parlement n’est pas respecté, j’aimerais pour une fois les entendre dire ce qu’il faudrait faire en termes de méthode et de mesures", s'agace Richard Ferrand. "C’est un peu facile d’être tout le temps dans une posture de contestation, jamais dans une posture de proposition. Je pense que ce n’est pas à la hauteur : aujourd’hui, nous devons faire bloc."

"L’heure est grave pour notre pays : ce sont 500 compatriotes qui décèdent chaque jour de cette maladie, ce sont des soignants qui jour et nuit donnent le meilleur d’eux-mêmes. Je leur adresse une pensée solidaire, comme à tous les Français qui souffrent, ceux qui ont peur pour leurs proches et leurs parents. Il faut être humain dans cette affaire et oublier les chicayas politiques, qui sont dérisoires !"

"Personne ne se livrerait à ce type de décisions restrictives si ce n’était pas nécessaire"

Il assure également que la France suit la même voie qu'ont choisie ses voisins européens. "Je discute fréquemment avec des députés d’autres pays d’Europe : l’Irlande est confinée, les Allemands prennent les mêmes mesures que nous, l’Espagne a confiné totalement… La résurgence, l’accélération de la propagation de ce virus conduit ceux qui nous gouvernent à des décisions qu’ils ne prennent pas par plaisir. Personne ne se livrerait à ce type de décisions restrictives si ce n’était pas nécessaire."

Il lance aussi un appel à ses concitoyens : "Il ne suffit pas d’avoir peur ou d’être en colère, il faut aussi faire attention : si nous sommes malades demain, c’est parce qu’à un moment donné, nous n’avons pas fait aussi attention que nécessaire. Chacun d’entre nous doit être en vigilance pour les autres et pour soi-même ! C’est quand on se relâche qu’on laisse ce virus nous attaquer. C’est pas une question de faute, c’est une question de responsabilité."

  • Légende du visuel principal: Richard Ferrand © Radio France /
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