Le ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire, est l'invité du Grand entretien de la matinale de France Inter.

Le ministre de l'Économie a détaillé les mesures prises pour sortir de la crise économique une fois la crise sanitaire réglée. "Nous n’en avons pas fini avec le virus, et donc beaucoup d’entrepreneurs, de restaurateurs, de patrons de cafés ou de salles de sport, sont inquiets pour leur activité. Il faut continuer à soutenir et à protéger les salariés et les entreprises, c’est un premier aspect essentiel du budget."

"L’autre aspect, c’est préparer la sortie de crise", ajoute Bruno Le Maire. "J’ai la conviction que la France peut sortir de cette crise avec un modèle plus juste, plus respectueux de l’environnement et plus compétitif. Mais ça suppose de mettre dès maintenant l’argent nécessaire pour moderniser nos industries, accélérer la transition écologique."

Des contreparties en échange d'investissements... dont la réforme des retraites

Toutefois, il précise bien que cette dette nécessaire pour sortir le pays de la crise devra être remboursée... et pas seulement financièrement. "La priorité, c’est l’emploi, c’est le redémarrage de l’économie, des usines qui ouvrent, des entreprises qui investissent, des Français qui consomment", explique le ministre. "Toute la dette liée à cette crise économique, c’est de l’investissement. Il faudra la rembourser, mais ce remboursement viendra quand nous aurons retrouvé la croissance. Nous la rembourserons par de la croissance, par un principe de responsabilité sur les finances publiques (c’est pas “open bar”) et par des réformes de structures que je continue à estimer indispensables. La première d’entre elles étant la réforme des retraites."

Une réforme qu'il compte remettre sur la table dès que possible. "Il faut faire cette réforme au moment où le président de la République et le Premier ministre le jugeront utile, mais elle est nécessaire pour rétablir l’équilibre des comptes sociaux, pour garantir aux jeunes générations qui entrent sur le marché du travail qu’eux aussi auront une retraite, et pour avoir un système plus simple, plus juste et plus lisible."

3 milliards pour les restaurateurs

"La sécurité sanitaire est la priorité absolue", rappelle Bruno Le Maire. "Donc nous avons mis de l’argent de côté pour faire face à ces situations, comme avec le fonds de solidarité. Les bars et restaurants obligés de fermer à Marseille, par exemple, y auront droit. Il est aujourd’hui plafonné à 1.500 euros, nous allons le déplafonner jusqu’à 10.000 euros. Ça permettra de prendre en charge la perte de chiffre d’affaire. Je leur dis : nous ne vous laisserons pas tomber."

Il précise : "Nous avions prévu 9 milliards d’euros pour ce fonds de solidarité, nous en avons dépensé 6 très exactement : il en reste 3, on va les mettre sur la table maintenant pour soutenir les restaurateurs."

Idem pour le chômage partiel : "Nous avions prévu 30 milliards d’euros, on en a dépensé 20, il en reste 10. Évidemment, s’il y a un reconfinement généralisé l’année prochaine, il faudra passer à autre chose. Mais je ne me pose pas dans cette hypothèse-là : mon hypothèse c’est que nous continuions à vivre avec le virus. Continuer à avoir une activité économique tout en luttant contre le virus."

Deux ans pour sortir de la crise

"On a fait preuve de réalisme depuis le début de la crise", assure le ministre de l'Économie. "J’étais le premier à dire début mars qu’elle était comparable à la grande récession de 1929. Je dis aux Français : nous allons vous sortir d’affaire, ça prendra du temps, et nous mettrons deux ans avant de retrouver le niveau de développement économique que nous avions avant la crise.”

Pourquoi un tel optimisme ? "Les fondamentaux de l’économie française sont considérables : on peut sur l’hydrogène, le calcul quantique, être les meilleurs en Europe. [...] Après un mouvement où la consommation a très bien redémarré, nous savions que la croissance marquerait le pas à la rentrée, ce n’est une surprise pour personne. Mais les mesures que nous avons prises ont marché : prenez les mesures pour l’automobile, on a vendu 25 % de voitures de plus en juin/juillet que ce que nous avions fait en 2019."

  • Légende du visuel principal: Bruno Le Maire, Ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance © AFP / Ludovic MARIN
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