Antoine Bueno, essayiste, conseiller au Sénat sur la prospection et le développement durable, auteur de Futur, notre avenir de A à Z (Flammarion), est l'invité du Grand entretien de France Inter.

"Je ne suis pas un prophète", déclare l'essayiste, spécialiste de la prospective Antoine Bueno.

"La prospective ou futurologie c’est s'interroger sur l’avenir, alors cela peut être un avenir proche, un avenir de moyen ou de long terme, à partir des données actuelles les plus sérieuses, les plus scientifiques possibles c’est à dire sans boule de cristal", explique-t-il pour définir son métier.

L'essayiste ajoute qu'il n'affirme "absolument pas pouvoir dire ce qui va se passer demain" mais il déclare, en revanche, pouvoir "essayer de créer un cadre d’analyses au sein duquel" il peut se lancer "à faire des anticipations”. Selon lui, "il y a forcément une part d’intuition mais l’essentiel ce sont les travaux dont on dispose".

“En 1950, l’ONU savait que la population mondiale serait de 6 milliards d’êtres humains en l’an 2000”

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Antoine Bueno explique qu'il y a "des données que l’on peut anticiper avec un degré de certitude élevé” et prend l'exemple de l’évolution de la population mondiale : “en 1950, l’ONU savait que la population mondiale serait de 6 milliards d’êtres humains en l’an 2000”. L'essayiste dit se baser sur la prévision moyenne de l'ONU pour estimer la population mondiale, soit "9,5 milliards d'êtres humains en 2050 et 12 presque milliards en 2100".

L’année 2020 a plongé le monde dans la sidération avec l’arrivée de la pandémie : confinements, crise économique, fracture sociale, troubles psychiques des populations. Pourtant, le futur "enthousiasme" Antoine Bueno, c'est la raison pour laquelle il s'y intéresse : “Je pense qu’on peut en attendre énormément de bonnes choses. Un simple coup d'œil dans le rétroviseur peut nous montrer que pour plein de choses on vit mieux aujourd’hui qu'il y a cinq siècles”.

“Aujourd’hui, on sait mobiliser l'Humanité entière pour la première fois de son Histoire, c’est quand même quelque chose qui est assez frappant”

“Le nombre de morts à toute autre époque aurait été beaucoup beaucoup plus important, aujourd’hui avec 1.600.000 morts dans le monde pour une telle pandémie c’est une prouesse", estime le futurologue. “Aujourd’hui, on sait mobiliser l'Humanité entière pour la première fois de son Histoire, c’est quand même quelque chose qui est assez frappant”.

“Avec cette crise sanitaire nous sommes entrés dans une sorte de vortex temporel , c’est une accélération des grandes mutations du monde”, explique-t-il ensuite. D'après Antoine Bueno, "c’est ce qu’il s’est passé pendant les guerres mondiales , le monde avait énormément changé à la fin de la Première Guerre Mondiale et de la Seconde Guerre Mondiale et c’est exactement ce qu’on est en train d’expérimenter”.

“On risque de se réveiller après la crise sanitaire avec la gueule de bois en ne reconnaissant pas tout à fait le monde dans lequel on sera"

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Enfin l'essayiste estime que "le rejet de la mort" conduit la population "à considérer la vieillesse et la mort comme une maladie" et que ce genre de réflexion amène à trouver des remèdes.

  • Légende du visuel principal: Antoine Bueno © AFP / BERTRAND LANGLOIS / AFP
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