Invité mercredi matin de France Inter, François Bayrou, président du MoDem et maire de Pau, s'est exprimé sur le retour éventuel des djihadistes français. L'ancien garde des Sceaux estime que ce serait "mieux" qu'ils soient jugés en Irak ou en Syrie.

"Ma position n'a pas changé" assure François Bayrou, maire de Pau et président du MoDem. Sur un éventuel retour des djihadistes français en Irak ou en Syrie, l'éphémère garde des sceaux au début du mandat d'Emmanuel Macron estime que "si l'on peut traiter leur situation sur place, là où ils ont commis leur forfait, ce serait mieux. Mais l’instant où ils se retrouveraient en France, il faut que la justice fasse son travail”.

François Bayrou poursuit : "La prison, hélas, ne dé-radicalise pas. Nous avons un devoir d’imaginer les réponses et c’est tout sauf facile, tout sauf simple. Mais ce sont des Français donc la justice française doit s’appliquer" estime t-il. Il ajoute que cette justice doit s'appliquer "sans timidité". 

Le grand débat : "C'est un moment historique"

"C’est un moment historique très important" estime François Bayrou à propos du grand débat national. "Ces questions là sont présentes, fermentent dans la société française depuis presque 30 ans. À chaque élection, on sent bien que la 'fracture sociale', cette question de l’incompréhension entre ceux qui ont la parole et de l’influence et ceux qui n’ont pas cette parole et cette reconnaissance, revient à chaque fois. Puis l’élection a lieu et on revient ensuite aux méthodes habituelles". 

Le patron du MoDem, estime qu'on ne "voit plus" cette fracture sociale : "Là, on va pouvoir, et c’est un très grande chance, sans pression électorale, à tête reposée, formuler des réponses. (...) Le moment est venu de formuler pour notre pays un projet de société".  

Les 80 km/h, le nombre de fonctionnaires et cumul des mandats 

Interrogé sur un certain nombre de questions soulevées par les "gilets jaunes" et le grand débat, François Bayrou estime d'abord qu'il est regrettable de voir des décisions "apportées de Paris" et appliquées "pour tout le monde partout" : "Il y a des routes dangereuses, mais il faut un peu de souplesse avec les autorités locales. (...) Je ne me suis jamais exprimé contre. Mais je pense qu’il faut approfondir les études et mettre un peu de souplesse".

Sur le nombre de fonctionnaires et l'objectif du gouvernement de supprimer 120.000 postes d'ici la fin du mandat, François Bayrou estime que cette arithmétique "n'a aucun sens".  "La question n’est pas tant des moyens : on sait qu’il faudra faire des économies. La question est de savoir quel service public, quelle action publique, quelle présence de l'État dans les territoires allons nous définir" estime le maire de Pau. Il poursuit : “L’état est mal organisé. Il a trop de fonctionnaires dans certains domaines, pas assez dans d’autres. L’action publique qui coûte le plus cher au monde".  

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François Bayrou © AFP / Ludovic Marin
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