Muriel Pénicaud, Ministre du Travail est l'invitée du Grand Entretien de 8h20.

Muriel Pénicaud, Ministre du Travail est l'invitée du grand entretien de 8h20 avec Frédéric Métézeau. Croissance, chômage, des chiffres plus mauvais que prévu pour le gouvernement: comment réformer l'assurance chômage ? Quel dialogue social à la rentrée avec les syndicats ? Quelles sont les mesures de la loi "avenir professionnel" qui sera votée mercredi 1er août ?

Avant d'entrer dans les détails du sujet, la ministre a été interrogée sur les soupçons de favoritisme entre Havas et Business France, qu'elle dirigeait avant son mandat, mais n'a pas souhaité commenter ces révélations du Canard Enchaîné : "Cela fait 15 mois que je suis ministre du Travail, qu’il y a des suppositions, des rumeurs, j’ai pris l’habitude de ne pas les commenter, et je vais la garder".

Muriel Pénicaud explique que sa stratégie pour lutter contre le chômage de masse s'articule en trois temps : "Le premier c’était de libérer le travail, et, oui, les entreprises recrutent, les PME disent qu’elles n’ont plus peur d’embaucher. Le deuxième c’est ce projet de loi, la liberté de choisir son avenir professionnel : pour ceux qui sont qualifiés, les cadres, il n’y a quasiment plus de chômage, par contre pour ceux qui n’ont pas de qulification c’est à 18% (...). Le troisième volet, ce sera l’inclusion des personnes les plus vulnérables : il y a 500 000 personnes handicapées à Pole Emploi, elles ont beaucoup à apporter. Nul n’est inemployable, mais il faut lui donner la chance de le montrer".

Pourtant les chiffres de l'emploi ne semblent pas favorables à la ministre. Mais elle justifie : "Les réformes structurelles, qui transforment le pays, elles n’ont pas des effets en trois mois. Les ordonnances ont un an, les décrets d’application c’était le 31 décembre. Ce qui transforme le pays, ça prend du temps". C'est pour cela, explique-t-elle, que le gouvernement a mis en place "un grand plan d'investissement compétences : on a la capacité de former un million de jeunes dans l’immédiat, pour tout de suite soutenir les demandes d’emplois".

Le projet de loi qui va être voté par l'Assemblée nationale prévoit que ce soient désormais les branches professionnelles qui organisent l'apprentissage, et plus les régions : "Ce qui est important c’est qu’aujourd’hui on a un système d’une complexité inouïe, pour les PME il y a quatre aides et trois guichets. Pour les jeunes aujourd’hui on ne peut pas aller au-delà de 26 ans en apprentissage. Beaucoup de jeunes trouvent leur voie mais n’ont plus l’âge : c’est pour cela que l’on repousse l’âge à 30 ans (...)Jusqu’ici les régions avaient le choix d’ouvrir ou de fermer les CFA. Là, tout ira à l’apprentissage. L’Etat ne reprend aucune compétence”.

“On est le seul pays européen qui n’a pas réussi à développer l’apprentissage, qui a un million 300000 jeunes. Comment on peut arriver à 20 ans et ne pas se projeter dans l’avenir ? On doit donner sa chance à l’apprentissage. 

Autre changement avec cette nouvelle loi : le compte personnel de formation ne sera plus en heures mais en euros : "Aujourd'hui pour qu’elles deviennent de la formation, les organismes doivent accepter de convertir vos heures en euros. Un salarié qui a des heures ne peut pas forcément aller en formation", justifie-t-elle. 

Interrogée sur le CDI d'Intérim, qui va être élargi à l'occasion de cette loi, elle détaille que le dispositif concerne déjà 20 000 personnes, et va être prolongé. "La personne est en CDI par la société d’intérim, et c’est cette société qui doit lui trouver des missions. Si l’entreprise d’intérim ne lui trouve pas une mission, elle doit le payer. C’est mieux d’être en CDII qu’en intérim tout court. Aujourd’hui 87% des embauches se font en CDD”. 

Dans le projet de loi, on a mis en place le fait que toutes les personnes qui travaillent à mi-temps, dont 80% sont des femmes, aient le même droit à la formation que les gens qui travaillent à temps plein", explique-t-elle également. 

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