Le professeur Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Tenon (Paris) et membre de la cellule de crise de l'AP-HP, alerte sur la pression actuelle dans les établissements de la capitale.

“Les semaines qui vont s’écouler sont déjà écrites.” Pour Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Tenon et membre de la cellule de crise de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, “quelle que soit la décision politique, il y aura ce mur dans lequel on va” car “les gens qui vont entrer en réanimation dans deux ou trois semaines sont déjà infectés”. Selon lui, en faisant le pari de ne pas reconfiner, “le politique a éclipsé le scientifique”

“Depuis janvier, on a des décisions politiques qui n’ont aucune cohérence scientifique !” 

Selon l'infectiologue, “à l'échelle de [son] hôpital, les mesures de freinage n'ont quasiment aucun effet. Regardez les Alpes-Maritimes ! L'effet était très mineur et ça repart !” Pour lui, les mesures de freinage, “c'est du 'en même temps'”.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Gilles Pialoux critique “l’absence de transparence sur les conséquences” de la stratégie sanitaire. “Il n’y a pas eu de débat citoyen, avec la représentation nationale, sur le fait que les choix politiques assumaient qu’on allait déplacer des malades, déprogrammer à hauteur de 80%. J’ai trouvé ce chiffre inhumain ! Pour l’instant il ne se fait pas, mais on sait très bien qu’on peut déprogrammer 80% des interventions en 48h, pour récupérer le personnel et récupérer les espaces.” 

Dans les hôpitaux, “on est fatigués d’être fatigués”, ajoute l’infectiologue. “Sincèrement, on a l’impression qu’on ne doit compter que sur nous même.”

Éviter une “situation à la Lombarde”

“C’est un piège qui se referme sur l’exécutif”, regrette Gilles Pialoux, à propos de “l’acceptabilité” des mesures. “On a pris tellement de retard que toute mesure [de confinement] sera plus dure et plus durable.” Et si cette troisième vague “n’a pas été dans une forme exponentielle comme le premier pic”, on a déjà “dépassé la deuxième vague”, qui fut elle-même “plus mortelle, plus morbide, plus insupportable même si elle n’est pas montée si haut que la première vague”

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

De nombreux médecins, dont les directeurs de cellules de crise, ont alerté ce week-end sur la situation sanitaire et demandé au gouvernement de prendre ses responsabilités. Mais “on n’abandonnera pas les personnes qui viennent à l’hôpital”, rassure Gilles Pialoux. “Mais l’offre de soin sera dégradée.” Si on “laisse monter” la vague, “ce sera une situation à la Lombarde”, estime-t-il. “Où les familles comprendront que les patients mourront sur les brancards… Et c’est ça que l’on veut éviter.” 

“Le 14-Juillet sera une fête nationale, pas celle de l’immunité collective.”

“La vaccination est la porte de sortie”, ajoute-t-il. “Le problème c’est qu’elle s’est éloignée, probablement par une incompétence européenne dans la commande et par des événements imprévisibles, le poids de ces variants, et puis ce problème de doses caricatural sur le terrain.”

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Dans les écoles, un système "déconnant" 

Gilles Pialoux juge aussi le système à l'école “totalement déconnant”. Selon lui, les mesures ne sont pas adaptables. “On dit qu'on va dépister les enfants, vous savez combien d'enfants ont été dépistés lundi ? 0,03% des enfants du primaire, parce que les tests ne sont pas là. On a des décisions politiques et la faisablitié qui est déconnectée”, dénonce le chef de service des maladies infectieuses de l’Hôpital Tenon. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Gilles Pialloux se félicite toutefois du nouveau protocole sanitaire dans les écoles consistant à fermer une classe pour chaque enfant malade. “C'est une très bonne mesure”, assure-t-il, même s'il estime que “ce protocole sanitaire doit réellement être amplifié” notamment face au “problème des cantines (...) voie de circulation” du virus. 

  • Légende du visuel principal: Gilles Pialoux © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN
Les invités
  • Gilles PialouxChef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Tenon à Paris
L'équipe