Le procureur de la République de Paris et futur procureur général près la cour de Cassation, François Molins est l'invité du grand entretien à 8h20. Il revient sur ses sept années à la tête du parquet de Paris.

En sept ans au parquet de Paris, le visage de François Molins est devenu tristement célèbre, alors que le procureur de la République incarnait la stabilité imperturbable de la Justice face aux actes terroristes qui ont frappé la France.

Au micro d'Alexandra Bensaid et de Nicolas Demorand, le procureur de la République décrit la "nouvelle" menace terroriste, une menace qui vient moins de cellules extérieures à la France, à mesure que le groupe "État islamique" s'affaiblit, mais davantage de personnes isolées, en France, qui se seraient radicalisées en écoutant les discours de ces groupuscules. 

Une menace "endogène" qui transforme le travail des services de renseignement et des brigades anti-terroristes et pour lequel le procureur estime que la France est armée en matière de prévention et de judiciarisation.

En revanche, quel sort pour les revenants et les personnes condamnées pour des actes en lien avec des activités terroristes ? Ces "232" revenants sont tous pris en charge par le système judiciaire, rappelle François Molins, qui appelle plutôt à se préparer à la sortie de personnes condamnées et qui ont purgé leur peine, afin qu'il n'y ait pas "de trou dans la raquette" pour ceux qui constitueraient encore une menace.

La justice, de part son durcissement ces dernières années, menace-t-elle la liberté ? Pas pour le procureur, "tant que l'on respectera l'état de droit". François Molins considère que les deux ans que la France a passés sous état d'urgence ont été positifs sur ce point.

Des manipulations, des abus du pouvoir judiciaire, il n'y en a pas non plus pour les politiques, réfute le procureur de la République de Paris. Interrogé sur les accusations de Jean-Luc Mélenchon de tentatives du pouvoir de lui nuire, alors que plusieurs membres de la France Insoumise et plusieurs locaux du parti ont été visés par des perquisitions liées à l'enquête sur le financement des comptes de campagne, François Molins a affirmé son indépendance et l'indépendance du parquet de Paris. Ces perquisitions, souligne-t-il, ont été menées sans en avertir en amont le plus haut niveau de l'État.

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François Molins © Radio France / Anne Audigier
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