Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, est l'invité du Grand Entretien de France Inter, par Ali Baddou et Alexandra Bensaid à 8h20.

Concernant les aides européennes, Didier Guillaume explique : "La PAC (Politique Commune Agricole) doit rester européenne; 9,5 milliards d’euros vient de là et les aides françaises aux agriculteurs, c’est 3 milliards. La bagarre que nous menons, c’est de dire : ne touchez pas à mon budget agricole".

Didier Guillaume pointe le rôle de la grande distribution, qui ne "joue pas le jeu" : "Il faut que les choses changent. La direction de la répression des fraudes a annoncé qu’elle allait faire 6000 contrôles, on est déjà à 3000."

"On ne peut pas continuer à étrangler les agriculteurs. Les filières agricoles ont fixé à combien leur revient un 1 l de lait : à moins de 39 centimes, ils vendent à perte. Aujourd’hui, il est acheté à 33/34 centimes, c’est une honte. Il faut dire aux consommateurs : quand vous poussez votre caddie, faites un choix patriotique. Le patriotisme agricole et économique doit encore exister".

"Il faut que les habitants des villes se comportent différemment, on ne peut pas montrer du doigt les agriculteurs et se promener à campagne le week-end"

Sur la question du bien-être animal, notamment la castration à vif des porcelets : "Dans les mois qui viennent, ça va être terminé tout cela, mais ça ne peut pas se faire sans les agriculteurs (...) On va arrêter le broyage des poussins (...) Il faut tenir le temps de l’agriculture et le temps de la société (...)J’ai réuni toutes les associations wellfaristes [qui défendent le bien-être anilmal, ndlr], mais je négocie les dates avec les agriculteurs, les éleveurs".

Sortir du glyphosate

Didier Guillaume précise : "Ce que nous avons décidé c'est qu'au 1er janvier 2021, on sort du glyphosate. Aujourd'hui nous mettons 78 millions d'euros sur la recherche, pour remplacer cette molécule. Mais je veux aller plus loin : on se focalise sur le glyphosate mais il y a tellement d'autres produits que nous allons réduire de 50 % l'utilisation de tous les produits phytosanitaires".

  • Légende du visuel principal: Didier Guillaume © AFP / Nicolas Guyonnet
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