Invité de France Inter jeudi matin, le député La France insoumise de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière estime que le grand débat national risque de tourner au "grand dégât".

Alors que le grand débat a commencé depuis le début du mois de janvier et que le site internet granddebat.fr compte près de 500.000 contributions et que 3000 débats ont été déjà organisés, le député La France insoumise Alexis Corbière estime que "l'intuition est juste" mais  s'interroge sur la finalité : "à l'arrivée, les gens doivent pouvoir trancher". "Le peuple veut retrouver ses droits démocratiques. Le débat c'est intéressant, mais si le peuple à la parole, il doit décider.

Je n’accepte pas cette idée qui est une forme d’ancien régime où le monarque présidentiel convoque les États généraux qu’il écoute d’une oreille somnolente et dont il retient deux ou trois thèmes qu’on a bien voulu lui dire.

"Nous sommes entrés dans un moment destituant du pays", estime Alexis Corbière : "Le consentement à l’autorité est contesté, le simple fait qu’il y ait un débat montre que l’élection de 2017 n’a pas tranché."

Les gilets jaunes

"Le grand débat est là pour dire aux 'gilets jaunes', ne vous mobilisez plus et discutons sagement" estime le député insoumis. Alexis Corbière maintien un vif soutien aux "gilets jaunes" et à leur protestation. Il incite à la mobilisation après l'appel de la CGT. "Le 5 février, participez autant que possible à cette journée. Pour faire entendre et contraindre le gouvernement à en revenir au peuple souverain" dit-il. 

Alexis Corbière a également démenti avoir proposé au "gilet jaune" Eric Drouet de rejoindre la France insoumise et notamment pour les élections européennes. En revanche, il confirme échanger avec lui sur les réseaux sociaux depuis une plaisanterie sur la ressemblance physique entre les deux hommes. 

La situation au Venezuela 

Interrogé par un auditeur sur la situation au Venezuela, Alexis Corbière assure que ni lui ni Jean-Luc Mélenchon n'"approuvent" les morts dans le pays. "Ce pays est en situation de crise, ce qu’il faut aujourd’hui c'est du débat. Plutôt qu’une diplomatie alignée sur Trump ou Bolsonaro, je pense qu’il faut que ça discute. Le président du Mexique propose un débat, Maduro est prêt à rentrer dans une concertation. Mais ce pays vient de loin, c’est un pays où il y a de la violence dans la politique, ce que je désapprouve."  

Il réclame de la part de la France une "diplomatie active" pour inciter les deux camps à discuter et ce n'est, selon Alexis Corbière, qu'en s'orientant vers un processus électoral que la situation pourra s'apaiser. "Je désapprouve que l'on tire sur des manifestants et toute forme de répression" a encore martelé Alexis Corbière. 

  • Légende du visuel principal: Alexis Corbière au micro de Nicolas Demorand © Radio France / Capture d'écran
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