Jeremy Hunt, ministre britannique des Affaires étrangères et Florence Faucher, Professeur de sciences politiques au centre d'études Européennes à Sciences Po Paris, sont les invités du Grand Entretien à 8h20.

Jeremy Hunt
Jeremy Hunt © AFP

Jeremy Hunt, ministre britannique des Affaires étrangères et Florence Faucher, professeur de sciences politiques au centre d'études Européennes à Sciences Po Paris, sont les invités du Grand Entretien à 8h20. 

Jeremy Hunt vient de succéder à Boris Johnson au poste des Affaires étrangères. Comment le Royaume-Uni se prépare-t-il à quitter l'Union Européenne ? Quels sont les enjeux du Brexit ? Comment le Royaume-Uni peut-il peser dans les prochains accords internationaux ? Florence Faucher est ensuite notre invitée pour réagir au Grand Entretien et répondre à vos questions.

Alors même que pendant la campagne du référendum il était opposé à la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, Jeremy Hunt explique que négocier le Brexit aujourd'hui "n'est pas un problème pour moi, car c'est une décision démocratique du peuple britannique"

Il fait part de son inquiétude quant à un statut de "No deal", un "Brexit sans accord qui arriverait sans accident, parce que le gouvernement britannique a proposé une solution mais que _beaucoup de gens dans l'Union européenne pensent qu'il suffit d'attendre un nouveau changement de ligne de la Grande-Bretagne_. Or cela n'arrivera pas".

"Un Brexit sans accord sera une tragédie pur l'Europe, et pourrait changer le sentiment du peuple britannique envers l'Europe". 

"On a fait des choix, et nous savons que les choses seront différentes quand nous quitterons l'Union", reconnait Jeremy Hunt, affirmant souhaiter un partenariat fort avec la France "sur la Défense, l'un des plus forts au monde (...). Nous sommes européens, nous partageons les valeurs européennes (...). Je ne veux pas que par accident tout cela soit mis en risque"

La situation aujourd'hui n'est-elle pas liée aux dissensions de la droite britannique ? "La véritable erreur, c'est de mélanger le Brexit avec du populisme de droite", selon le ministre britannique des Affaires étrangères. "Le Brexit a été une décision du peuple britannique. Ce n'est pas un secret, depuis des années nous n'avons pas été satisfaits des structures légales et juridiques de l'Union européenne. Mais ça ne veut pas dire que nous ne sommes pas européens, que nous ne partageons pas des valeurs". 

Jeremy Hunt cite en exemple la collaboration franc-britannique sur la situation en Iran. "Nous travaillons très fort avec la France pour que ce deal avec l'Iran puisse continuer et pour les empêcher de reprendre leur programme nucléaire", explique-t-il. Quant aux relations avec Donald Trump, il reconnait "une amitié stratégique avec les Etats-Unis qui est importante, mais la France est aussi une amie et nous voulons tout autant développer cette relation". 

"Nous voulons que notre économie reste proche de l'Europe, mais il faut être deux pour danser ce tango-là : il nous faut une bonne réponse de l'UE, sinon nous irons vers des mois plus sombres".

Florence Faucher a ensuite succédé à Jeremy Hunt au micro de France Inter pour commenter ces propos et répondre aux questions des auditeurs : elle a notamment expliqué que la situation actuelle est en partie due au fait que "David Cameron, qui a décidé d'organiser ce référendum, pensait qu'il l'emporterait, et n'avait pas prévu de plan B, des préparations pour l'éventualité où la sortie l'emporterait"

"Aujourd'hui faire machine arrière est difficile : beaucoup de ceux qui ont fait campagne pour le maintien considèrent qu'on ne peut plus revenir en arrière". 

Elle rappelle que les accords du Touquet, qui concerne les contrôles d'immigration à la frontière franco-britannique (qui se font sur le sol français) ne devraient pas être impactés par le Brexit, qui "porte sur la question de remettre en question la libre circulation des travailleurs européens". 

Mais pour autant, la sortie du Royaume Uni sera "une perte considérable (...) : _la position du Royaume-Uni est celle d'un pays qui a énormément apporté l'Union européenne_, en termes d'innovation mais aussi de libéralisme. On souffrira de leur départ". 

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