Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, rapporteur de la commission d’enquête sanitaire sur la crise du Covid, est l'invité du Grand entretien de France Inter.

Eric Ciotti
Eric Ciotti © Radio France / JMVIG

"Nous avons eu 25 auditions, 75 heures au cours desquelles nous avons entendu plus de 80 acteurs de cette crise", raconte Eric Ciotti. Des heures d'audition et d'analyses qui permettent selon lui "d'avoir une vision qui commence à se dessiner assez clairement de la gestion et de l'anticipation de cette crise". "Ce sont des travaux extrêmement utiles pour éclairer les Français sur ce qui s'est passé et corriger les fautes mises en lumière."

Pour le député, "on a baissé la garde sur les politiques de santé publique, sur les politiques de prévention". "On est passé d'un stock de masques d'un milliard et demi, au moment de la grippe H1N1 à 100 millions de masques en janvier et en mars, alors qu'il y avait des informations très précises."

La commission permet aussi de mieux comprendre comment certaines pénuries ont mené à des choix parfois dramatiques. "Nous avons entendu les médecins réanimateurs, et ce ne sont pas eux qui sont en cause : ils ont dû faire des choix, notamment sur les personnes âgées, beaucoup plus fréquents que d'habitude, parce qu'ils manquaient de lits. L'idée, c'est de démontrer, contrairement à ce qui a été dit, que notre système manquait de capacité, et qu'il faut s'armer de façon beaucoup plus importance. C'est un constat, une réalité : les personnels hospitaliers, les infirmiers nous ont dit : oui, il y a eu des tris."

"Je ne trouve pas dans ces éléments une politique de droite"

Que pense-t-il de l'arrivée de Jean Castex, à la tête d'un gouvernement composé de plusieurs personnalités de droite avec un programme, lui aussi orienté à droite ? "Les paroles, on peut les entendre positivement, mais on les entendait dans la bouche d'Edouard Philippe. Je pense en particulièrement à la sécurité : j'écoutais le ministre de l'Intérieur devant la commission des lois, il dressait un tableau très sombre en parlant d'insécurité en France : mais qui est au pouvoir depuis près de trois ans et demi ?" Et d'ajouter : "Nous verrons le bilan d'Emmanuel Macron en 2022 [...] moi je ne trouve pas dans ces éléments une politique de droite."

Il rebondit également sur le "Je m'étouffe" lâché par le Gérald Darmanin lors de cette même audition, en parlant de violences policières. "Ce mot, le ministre de l'Intérieur doit savoir qu'il a une connotation extrêmement provocatrice, personnellement je ne l'aurais jamais utilisé." Il reprend en revanche sans ciller le terme "ensauvagement", "un constat qui se pose tous les jours dans notre société". "N'ayons pas peur des mots pour  décrire une situation qui est extrêmement grave."

Qui pourrait être le candidat d'opposition de droite selon lui ? François Baroin ou Nicolas Sarkozy ? Le premier "a beaucoup de qualités", selon Eric Ciotti, "sa parole compte et elle est importante". Pour le second, il constate simplement que "la présidence de Nicolas Sarkozy, qui a été caricaturée et attaquée, est en train d'être réhabilitée".

Les invités
  • Eric CiottiDéputé Les Républicains des Alpes-Maritimes
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