Le député LR du Lot Aurélien Pradié est l'invité du grand entretien à 8h20. À 33 ans, il vient d'être nommé secrétaire général de LR et ambitionne de "remettre au travail" son parti "en manque terrible d'idées".

Interrogé d'abord sur la fusion de Fiat/Chrysler et de PSA, Aurélien Pradié voit "des raisons sérieuses d'être optimiste, parce que le marché américain s'ouvre. Mais aussi de la méfiance : le savoir-faire doit rester en France. Ce qui compte, c'est que les emplois français puissent y rester et se développer."

"Un des drames de LR, c'est le manque terrible d'idées"

En matière de politique, le nouveau secrétaire général de la droite veut faire le grand ménage dans les idées de son parti. Les Républicains lanceront prochainement 12 forums sur la vie quotidienne, et un "grand congrès des idées" à l'été 2020. "Il faut qu'on se remette au travail avec beaucoup d'humilité et de méthode", estime Aurélien Pradié. "Un des drames de LR et de la vie politique aujourd'hui, c'est le manque terrible d'idées." 

Nous voulons réexplorer les champs qui ont fait la fierté de la droite comme le handicap, les violences conjugales. Et sortir de nos obsessions et nos répétitions : l'immigration et la violence. Il faut que la droite redevienne une droite de solutions.

Le député, qui s'est engagé très jeune en politique, veut "renouer avec la grande idée de la droite qui est de servir tous les Français". 

Aurélien Pradié estime que la déroute de la droite relève d'une faute "collective" de son parti. Selon lui, l'affaire François Fillon lui a coûté la présidentielle 2017, mais ce n'est pas l'unique raison. "Nous avons cru que l'exercice du pouvoir était évident pour la droite, et que les idées n'étaient pas nécessaires pour gagner."

"J'espère que ceux qui ont quitté LR pour LREM sont malheureux"

Aurélien Pradié ne cache pas son ressentiment envers la République en Marche : "Quand je suis arrivé à l'Assemblée, j'aurais pu basculer chez LREM. C'est ma génération, après tout. Pourquoi je ne l'ai pas fait ? Parce que je crois en la fidélité et la loyauté, et que je trouve le projet d'Emmanuel Macron injuste et fataliste." Sans oublier de tacler ses anciens alliés partis chez l'ennemi : "Édouard Philippe, Gérald Darmanin, Bruno Le Maire... J'espère qu'ils sont malheureux, parce que lorsqu'on trahit ses idées politiques, j'espère qu'il y a un peu de malheur au quotidien !"

"Macron ne croit pas en la politique, il croit en sa petite personne." Et Aurélien Pradié de prôner, selon lui, l'action, plutôt que la communication : "Par exemple, j'ai été l'auteur d'une proposition de loi sur les violences conjugales. Pendant que Marlène Schiappa faisait sa com' dans les couloirs de l'Assemblée, moi, j'ai bataillé avec mes collègues des groupes politiques pendant plus de dix heures pour faire voter une loi, qui va considérablement changer les choses."

"Les musulmans ont toute leur place dans la République"

Sur la question du voile, le nouveau secrétaire de LR veut voter "pour l'interdiction du port des signes religieux pour les parents lors des sorties scolaires : à l'école, la seule chose qui vaille, c'est la République et donc la neutralité absolue." 

Il veut en revanche "adresser un message aux musulmans : ils ont toute leur place dans la République."

Dans un musée, un conseil régional, ou dans la rue, je n'ai aucun problème pour qu'une femme soit voilée ou que quelqu'un porte une kippa ! En revanche, le temps scolaire relève du service public et de la laïcité. Après, je serais le premier à défendre les femmes qui veulent porter le voile dans l'espace public.

"Je ne veux pas d'un pays où l'emploi soit par définition précaire"

Les nouvelles règles de l'assurance-chômage entrent en vigueur le 1er novembre. "Le gouvernement s'intéresse aux cadres supérieurs, c'est là où il y a le plus d'argent à prendre", juge Aurélien Pradié. "Mais je ne veux pas d'un pays où l'emploi soit par définition précaire."

Je vois tous les jours ici à Paris, des jeunes gens se balader à vélo pour livrer des pizzas sans aucune assurance. Ce n’est pas ma conception du monde du travail.

"Je suis favorable à cette réforme qui permet d'alléger le dispositif d'accompagnement au chômage, mais cela ne doit pas nous conduire vers un affaiblissement général du travail."

Au sujet des retraites, Aurélien Pradié rejette le régime universel, défendu par LREM, et qui sera progressivement mis en place. "Nous devons fonder le régime des retraites sur la pénibilité avant tout, et LR va faire des annonces dans les semaines qui viennent à ce sujet."

  • Légende du visuel principal: Aurelien Pradié © AFP / PASCAL PAVANI / AFP
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