Thierry Breton, Commissaire européen au Marché intérieur, est l'invité du Grand entretien de France Inter.

Thierry Breton s'exprime sur le risque de "Polexit", après la décision du tribunal constitutionnel polonais de considérer que le droit national prime sur les traités de l'Union Européenne. “Je n’y crois pas une seconde. Plus de 80% des polonais sont pour rester en Europe.” Il ajoute : “Nous sommes là pour protéger le peuple polonais qui a décidé, souverainement, à l’occasion d’un référendum de rejoindre l’Europe.” En revanche, il réaffirme qu'il y aura des sanctions si l'Etat polonais bafoue la primauté du droit européen. 

Craint-il une campagne présidentielle marquée par "l’Europe-bashing" ? Non, “lorsqu’un pays fait partie de l’Union Européenne, il en a accepté les règles. Pour en sortir, il faut faire un référendum. Si on le fait en France, jamais la majorité des Français voteront pour. Et c’est le cas dans tous les pays de l’UE", affirme le Commissaire européen. 

Baisser les taxes sur l'énergie

A propos de la hausse spectaculaire du prix de l'énergie, notamment du gaz, il rappelle que c'est un phénomène mondial et qu'il faut s'attendre à au moins six mois de tensions. "On va donner la possibilité à chaque Etat de baisser les taxes sur l’énergie, comme la TVA, pour redistribuer aux plus défavorisés." Il précise qu'il y a environ 36 millions de personnes qui en ont besoin dans l'UE, 6 millions en France.

Quant à la suite, “nous avons la nécessité de travailler ensemble, pour avoir un mix énergétique qui nous permette de combattre ces volatilités. Des énergies renouvelables, mais aussi des énergies de stabilité, maintenir, selon moi, 25% de nucléaire”. 

Pénurie de semi-conducteurs

"Il faut accroitre notre autonomie et notre indépendance", juge Thierry Breton. "L’Europe et les Etats-Unis ne produisent chacun que 10% des besoins mondiaux. Nous voulons passer à 20% dans les dix ans qui viennent. Nous allons mettre sur la table plus de 40 milliards d’euros pour accélérer le déploiement de ces usines.”

Il poursuit : “On voit les drames qui se passent aujourd’hui en Grande-Bretagne. Un pays isolé aura de plus en plus de peine à résister au choc de ce début de XXIème siècle, entre les Etats-Unis et la Chine.

Politique spatiale 

Je ne suis pas vraiment fan du tourisme spatial. Ça coûte très cher d’envoyer quelqu’un dans l’espace, et ça génère énormément de CO₂. En revanche, pour des avancées pour l’humanité et pour la science, trois fois oui.

Panne mondiale de Facebook

Nous avons mis en place deux actes législatifs pour réguler, organiser l’espace informationnel. Il y a une opportunité de faire aboutir ces deux textes sous la présidence française [de l'Union Européenne]. Pour l’instant c’est le Far West. Avec ces deux textes, ce serait terminé.

Concernant les politiques de Facebook révélées par la lanceuse d'alerte Frances Haugen, “il faut changer, c’est inadmissible, c’est intolérable. On ne peut pas continuer comme ça, ils le savent”, affirme-t-il. “On aura une structure ad hoc qui va auditer ces plateformes, voir ce qu’il y a dans les algorithmes et interdire les comportements illicites.

  • Légende du visuel principal: Thierry Breton © AFP / Andre Alves / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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