Julien Bayou, tête de liste de l'union de la Gauche pour les élections régionales en Ile-de-France, est l'invité de 8h20.

Comment explique-t-il la forte abstention lors de ce scrutin ? "Plusieurs raisons s’accumulent : d’abord la crise sanitaire évidemment. Il y a plusieurs personnes qui ont eu peur d’aller voter. Je voudrais les rassurer : grâce au travail des maires et des agents, on a pu voter en toute sécurité sanitaire dimanche. La crise sanitaire a aussi amené au report de ces élections, la date était peut-être un peu confuse. Et puis chacun et chacune se préoccupait de ses proches, de sa santé. Enfin, plus globalement, une forme de “fatigue démocratique”, le sentiment qu’on peut voter mais que les institutions ne fonctionnent pas pour le bien commun."

"Il y a un enjeu de représentation, évidemment, et qu’il y ait une association plus étroite des représentants et des représentés. Sur ma liste, j’ai une jeune femme de 19 ans qui sera demain la plus jeune élue du conseil régional, qui fait pleinement partie de la génération climat. L’enjeu, c’est de préparer non pas 2022 mais 2040, que la région prenne sa part de la trajectoire climat."

"L'extrême-droite est encore trop haute partout en France"

La fusion des listes de gauche a été rapidement annoncée, et pour Julien Bayou c'est une bonne nouvelle. "Je remercie les plus de 700.000 personnes qui se sont déplacées pour voter pour nos trois listes, et un merci particulier à Audrey Pulvar et Clémentine Autain qui dès 20h se sont mises au service du rassemblement. On a pu trouver un accord qui, je crois, enrichit le programme que nous proposons, avec 20 mesures prioritaires qui nous dévoilerons prochainement pour l’Ile-de-France. L’enjeu, tout simplement, c'est de gagner. Il y a quasiment jeu égal avec la présidente sortante, et je me réjouis que notre liste ait pu surclasser LREM, et faire jeu égal avec celle du Front national. C’est important de contenir cette poussée, l’extrême-droite est encore trop haute partout en France et en Ile-de-France."

"Je ne pense pas que ce soit Valérie Pécresse qui ait fait reculer le FN", assure le porte-parole d'EELV. "Et par rapport à ses compétiteurs à droite elle fait plutôt une moins bonne performance que d’autres sortants et sortantes. Son bilan, c’est que vous avez plus de la moitié des gens qui veulent quitter la région. La région est trop chère, polluée et stressante : quand vous avez 8 cadres sur 10 qui disent qu’il faut quitter la métropole et envisager d’aller vivre dans d’autres régions, ça signe un échec flagrant."

"Valérie Pécresse peut parler de 2022, nous nous occupons du quotidien"

Valérie Pécresse, justement, qui attaque les écologistes en les accusant d'être dangereux pour la laïcité et même la République. Julien Bayou y voit "fébrilité et diversion". "Je pourrais vous répondre sur le fond : nous sommes les seuls à proposer un observatoire régional de la laïcité. C’est une grande perte que la suppression de l’observatoire national, qui répondait à beaucoup de sollicitations de la part de l’armée, des transports, des services administratifs. Nous le rétablirons au niveau régional. Depuis dimanche, [Valérie Pécresse] n’a pas eu un mot sur les compétences de la région : y’a des tornades à Alfortville, des inondations en Seine-et-Marne, les transports en difficulté, des lycées dans un état catastrophique, une quatrième vague de coronavirus… Elle peut parler de 2022, elle ne veut toujours pas dire si elle est candidate à la présidence de la région ou de la République, nous nous occupons du quotidien."

Quid des transports en commun gratuits, une promesse de sa désormais colistière Audrey Pulvar ? "Il y a urgence à ce que les moins de 18 ans puissent se déplacer gratuitement, donc nous reprenons à notre compte avec Clémentine Autain et Audrey Pulvar cette mesure. À partir du 1er septembre 2021, les moins de 18 ans partout en Ile-de-France pourront se faire rembourser le pass Navigo. C’est le cas à Paris, donc c’est un enjeu d’égalité. Il y aura aussi la gratuité pour les 18-25 ans précaires. Pour le reste, nous ne pouvons pas nous engager, puisqu’il y a des enjeux de prioriser les investissements dans les transports, avec la fiabilité, la ponctualité et des transports sécurisés."

Julien Bayou revient également sur le retrait, après un long suspense, de la liste de gauche en région PACA. "Je remercie Jean-Laurent Félizia d’avoir retiré sa liste, c’est une décision qui déchire le cœur mais elle était juste et nécessaire. Nous avons fait barrage et nous le referons : vous pourrez toujours compter sur les écologistes pour lutter contre l’extrême-droite. Nous ne voulons pas jouer aux dés, sur l’éventuelle victoire de l’extrême-droite dans une région française. Quand d’autres sont flous, les écologistes sont clairs."

  • Légende du visuel principal: Julien Bayou © Radio France /
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