Jordan Bardella, président du Rassemblement national et député européen, est l'invité du Grand entretien de France Inter.
Jordan Bardella s'exprime sur le contexte international. "Je pense que le retrait des troupes par Vladimir Poutine à la frontière est un signe encourageant de désescalade. Dans ce dossier, se pose la question de notre appartenance au commandement militaire intégré de l'OTAN."
Je ne conçois pas la Russie comme un ennemi ou comme un adversaire
"Ce qu'on souhaite faire aujourd'hui, c'est construire une alliance européenne des Nations"
Donald Trump a appelé Eric Zemmour, a signalé le candidat du parti 'Reconquête'. Jordan Bardella réagit : "Moi, j'ai lu que Donald Trump a fait savoir qu'il ne souhaitait pas soutenir officiellement Éric Zemmour. Je ne souhaite pas passer cette campagne présidentielle à commenter les propos d'Éric Zemmour."
"Ce qu'on souhaite faire aujourd'hui, c'est construire une alliance européenne des Nations qui remplacerait l'Union Européenne."
Jordan Bardella réagit à la suspension de Nicolas Bay du parti
Le Rassemblement National a décidé de retirer au député européen Nicolas Bay son titre de porte-parole de la campagne du Rassemblement National, et de suspendre toutes ses fonctions au sein du parti. Il est accusé d'avoir transmis des informations au camp d'Éric Zemmour.
"Je ne vais pas me lancer dans une bataille d'injures. Nous nous expliquerons. S'il souhaite soutenir Éric Zemmour c'est son choix, c'est sa liberté", déclare Jordan Bardella à son sujet. Il explique la suspension :
On ne peut pas être dans une forme de sabotage qui vise à feuilletonner son départ, en essayant d'attendre le plus longtemps possible dans la campagne présidentielle, pour partir et faire le plus de mal possible.
"Il y a un état d'esprit de loyauté à avoir lors d'une campagne présidentielle", poursuit-il.
Défections au sein du Rassemblement National
Jordan Bardella réagit aux défections au sein du Rassemblement National, vers le parti Reconquête : "Ce n'est pas une saignée. Nous avons un peu plus de 1 000 élus locaux sur le territoire national. Nous avons une dizaine d'élus qui partent parce qu'ils n'ont pas trouvé les responsabilités qu'ils espéraient au sein du RN, ou pour des raisons politiques, comme Stéphane Ravier."
La stratégie mise en place par Éric Zemmour, qui est une stratégie de la provocation, du buzz, peut trouver un écho avec le Rassemblement National d'il y a 30 ans. Ça le cantonne à témoigner dans cette élection.
"Nous, il ne s'agit pas de faire un retour en arrière", poursuit-il. "Nous avons un projet puissant, solide, nous ne sommes pas simplement là pour témoigner."
"Des points de désaccord avec Éric Zemmour"
Sur l'immigration, Jordan Bardella déclare : "Ce que je reproche à 144ric Zemmour, c'est de venir parler de cette question à trois mois de l'élection présidentielle. Il n'a jamais soutenu ceux qui se sont opposés à cette politique d'immigration massive."
"On a des points de désaccord avec Éric Zemmour. En matière économique, il a une forme de brutalité qui rappelle celle d'Emmanuel Macron. Quand il explique que le pouvoir d'achat n'est pas une préoccupation pour lui, comme potentiel présidentiable, on est en désaccord."
"Le grand remplacement pointe une réalité qui est juste"
"Oui le grand remplacement, même si je n'utilise pas ce terme car je trouve qu'il n'est pas très clair, pointe une réalité qui est juste." Selon lui, il ne s'agit pas d'un concept complotiste.
"La première mesure que nous prendrons, si Marine Le Pen est élue, est d'organiser un grand référendum sur la question de l'immigration, pour couper le robinet et arrêter cette submersion qui est en cours."
Les convois de la liberté : "il y a des réponses politiques à apporter"
Concernant les convois de la liberté, Jordan Bardella déclare : "Il ne faut pas compter sur nous pour jeter la pierre à des Français qui aujourd'hui n'arrivent plus à boucler les fins de mois et qui descendent dans les rues pour exprimer leur colère. Notre rôle est de proposer des solutions."
Si Marine Le Pen est élue, "on prévoit d'abaisser la TVA de 20% à 5,5% sur tous les produits énergétiques : le gaz, le fioul, l'électricité, les carburants."
Il faut mettre fin à ce braquage fiscal que subissent les Français.
"Nous demandons la suppression du pass vaccinal"
"Nous demandons au gouvernement de supprimer le pass vaccinal. Le pass vaccinal n'a aucun impact sur la circulation du virus, à partir du moment où le vaccin n'empêche pas la transmission du Covid-19.
Nous y sommes opposés, c'est une restriction de liberté qui nous parait disproportionnée."
Réforme des retraites : "Si vous commencez à travailler entre 17 et 20 ans, vous partirez à la retraite à 60 ans"
Sur la réforme des retraites, Marine Le Pen revient sur la retraite à 60 ans pour tous. "Nous héritons d'une situation économique qui n'est pas la même qu'en 2017." "Nous garantirons pour ceux qui ont commencé à travailler entre 17 et 20 ans, un départ à la retraite à 60 ans, avec 40 anuitées. Ensuite, ce sera une forme de progressivité."
"Les 500 parrainages posent problème"
"Ces 500 parrainages posent un véritable problème. Une grande majorité des élus aujourd'hui, des communautés d'agglos, de l'Assemblée Nationale, du Sénat sont proches des Républicains ou du Parti Socialiste, en très large majorité. Donc des partis qui représentent peu dans l'opinion, n'ont eu aucune difficulté pour avoir les parrainages", déclare le président du RN par intérim.
L'académie française s'inquiète de la hausse du nombre d'anglicismes dans la langue française. Jordan Bardella : "Nous protègerons la langue française qui est un trésor", notamment en supprimant les allocutions anglaises de la publicité, et en supprimant l'écriture inclusive dans les institutions.


