Nathalie Cabrol, astrobiologiste, directrice du Centre de recherche Carl Sagan de l'Institut (SETI), auteure de "Voyage aux frontières de la vie" aux éditions Seuil, est l'invitée de la matinale.

Nathalie Cabrol est astrobiologiste, c'est-à-dire qu'elle étudie "la recherche de la vie dans l’univers, et la compréhension de son origine, et de sa distribution ailleurs, dans le système solaire, dans l’univers".

"Les exoplanètes nous permettent de comprendre, en fonction de ce qu’on connaît de la vie sur terre, ce qu’il peut se passer ailleurs"

Elle explique, en se basant sur la distribution de la vie sur Terre, que même si on trouve beaucoup de vie microscopique et simple sur des planètes, "plus on va trouver de vie microscopique et simple, plus on a de chances de trouver une vie technologiquement avancée. La vie sur Terre est à 95% microbienne".

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Les astrobiologistes couvrent l'ensemble de la discipline "depuis l’aspect microbien de la vie jusqu’à la vie extraterrestre, les petits hommes verts qui ne sont pas forcément verts. Ce serait une absurdité statistique qu’ils n’existent pas", dit-elle. "Quand on regarde l'existence de la vie sur Terre, la diversité qu’elle a. Mais depuis 15 ans on a les données de missions comme Kepler, qui recherchent les exoplanètes, et d’un seul coup dans un coin de la voie lactée on a trouvé des milliers de planètes qui sont dans la zone habitable de leur étoile. Donc il y a des chances pour que des conditions qui ressemblent à celles que l’on connaît pour la vie telle qu’on la connaît sont assez communes dans l’univers", ajoute-t-elle.

"Les missions spatiales coûtent cher, on ne peut pas y aller tout le temps", précise Nathalie Cabrol, qui a exploré le mont Liancabur, considéré comme un "site analogue", c'est-à-dire un site "des sites où les conditions nous rappellent l’évolution de Mars dans le passé. Évidemment, un analogue n’est jamais un analogue parfait. Mais ça nous donne des fenêtres dans le temps, où on peut faire des expériences de substitution. Il y a tout un tas de choses qu’on fait, et la première c’est d’essayer de comprendre quelle est l’habitabilité, et comment cela évolue". 

Ses explorations la poussent à battre des records physiques : "Par la nature de la recherche qu’on fait, on va dans des milieux extrêmes. On est obligés de se dépasser physiquement. Je détiens des records, mais je ne savais pas qu’on était en train de les battre, moi, j’avais juste besoin d’échantillons", raconte-t-elle. Mais elle se retrouve aussi confrontée aux réalités de la planète : "Trois ans après le début du projet, lors de la troisième expédition, quand on a fait l’expédition de plongée, juste avant cela j’ai dit à mon mari que ce lac était en train de nous aider à comprendre ce qu’il s’était passé sur Mars il y a 3,5 milliards d’années, mais qu’il était aussi en train de nous dire ce qu’il se passait en ce moment sur Terre”. 

  • Légende du visuel principal: Nathalie Cabrol © Andrea Frazzetta
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