Valérie Pécresse, présidente sortante de la région Île-de-France, candidate à sa réélection, tête de liste "Île-de-France Rassemblée", liste de rassemblement de la droite et du centre, est l'invitée de France Inter mardi 22 juin 2021.

"Il y a eu une absence totale de publicité sur cette élection, qui était volontaire de la part du gouvernement", explique Valérie Pécresse pour analyser l'abstention record. "Il voulait zapper ce rendez-vous démocratique. Personne n’a fait campagne officiellement pour dire à quoi servait un département ou une région. La région, ça sert à quelque chose, et les Franciliens s’en sont rendus compte pendant la crise Covid, pendant la grève des transports, quand il a fallu faire des bras de fer avec la SNCF et l’État pour obtenir le renflouement des transports. Et puis il y avait des sondages un peu trompeurs qui donnaient les sortants largement en tête, ce qui a pu démobiliser dans une  région où les Franciliens rêvent de partir en week-end. Je leur dis : c’est important de voter dimanche."

Que répond-elle à Julien Bayou qui assure que les Franciliens veulent de plus en plus quitter la région ? "Les Franciliens rêvent de quitter Paris, ça c’est vrai : depuis cinq ans, Paris perd 12.500 habitants par an, c’est une ville trop chère, source d’insécurité, de saleté, contre la voiture… Donc les familles rêvent de quitter Paris. Mon projet, c’est une région accueillante, y compris en grande couronne. Depuis le début, j’ai rééquilibré les investissements de l’Ile-de-France au profit notamment de la campagne près de Paris, pour pouvoir accueillir ces Parisiens qui veulent plus de vert et plus de qualité de vie."

"Je suis le seul rempart contre cette gauche extrême"

"Ce qu’il faut que les Français comprennent, c’est que c’est la liste en tête qui aura une prime majoritaire", rappelle la présidente de région. "La liste en tête en Île-de-France dirigera la région. Donc c’est un vrai duel, entre Julien Bayou et moi. C’est un choix de société entre moi et une alliance entre les socialistes, les verts et Génération.s, qui ont un problème avec la République et les Insoumis de M. Mélenchon. Et je comprends le désarroi des socio-démocrates, des républicains sincères de gauche, qui ne comprennent pas cette alliance avec une gauche qui défend les réunions racisées, qui a perdu sa boussole républicaine."

"Je suis le seul rempart contre cette gauche extrême", assure-t-elle. "Tous les Franciliens qui n’ont pas voté pour moi au premier tour, doivent savoir que ce n’est pas gagné, ça se jouera au deuxième tour, c’est une deuxième élection. J’appelle à la mobilisation de tous les républicains sincères, qu’ils aient voté pour moi ou qu’ils se soient abstenu, parce qu’aujourd’hui il faut faire rempart aux idées de M. Mélenchon [qui n'est pas candidat en Ile-de-France, NDLR]. Et d’ailleurs je remarque que Carole Delga et d’autres présidents de région ont eu le courage de dire que cette gauche-là n’était pas la leur."

"En Ile-de-France, c’est un choix de société", assène la présidente sortante, que son opposant accuse de "fébrilité et de diversion" dans cet entre deux tours. "Est-ce que vous voulez la République ou est-ce que vous votez contre la République ?" Elle va jusqu'à en faire un enjeu personnel, accusant une "gauche indigéniste et racialiste" : si elle perd, elle se retirera de la vie politique, "ce sera stop ou encore Pécresse".

"C’est la honte de la gauche, l’état dans lequel ils m’ont laissé les lycées"

Que répond-elle aux critiques sur la gestion financière de la région ? "Nous avons exécuté le budget de 2020 et 2021 à plus de 98 %, nous avons une gestion absolument exemplaire, nous sommes la région la mieux gérée de France. Nous nous sommes désendettés, nous avons baissé les impôts, et nous faisons le plan de relance le plus important de France avec zéro augmentation de dette."

Elle assure même que "les vrais écologistes, les écologistes des résultats, c’est nous". "M. Bayou essaie de faire oublier son bilan calamiteux, parce qu’il n’est pas un perdreau de l’année, il était conseiller régional dans la précédente mandature, il était au pouvoir [sur une liste de gauche issue d'une fusion au second tour en 2010, NDLR]. Nous étions la région dernière en matière d’agriculture biologique, de pollution de l’air, d’énergies renouvelables. Depuis que je suis arrivé, on a fait le tournant de l’écologie. L’écologie de résultat, c’est la droite écologiste. Le plan vélo, c’est nous, le RER vélo, c’est nous."

De son côté, "M. Bardella a perdu toute crédibilité sur la laïcité et sur la sécurité quand il a refusé de voter le bouclier de sécurité que j’ai mis en place, il a voté contre avec M. Mélenchon [il s'est en fait abstenu, NDLR], et une deuxième fois contre la charte de la laïcité que j’ai mise en place en 2016. Nous, on observe pas la laïcité, on fait une charte qui nous permet de ne pas verser un euro de subvention régionale à une association qui ferait du prosélytisme, notamment des associations qui étaient gangrénées par la radicalisation islamiste."

Sur l'état des lycées en Ile-de-France, Valérie Pécresse accuse la majorité précédente qu'elle a remplacée il y a 5 ans. "C’est la honte de la gauche, l’état dans lequel ils m’ont laissé les lycées. En 2016, quand j’arrive, 20.000 lycéens étaient dans des préfabriqués. En 6 ans, on ne peut pas réparer 17 ans d’abandon. À la rentrée, nous ouvrons deux nouveaux lycées construits en moins de 4 ans. Nous avons divisé par deux le délai de construction. Beaucoup de professeurs et d’élèves vivent aujourd’hui dans des chantiers, je m’en excuse mais c’est ça le prix à payer pour avoir des lycées neufs."

  • Légende du visuel principal: Valérie Pécresse © Radio France /