Est-on sur le point de revivre un "summer of love" comme en 1969, année érotique ? Après des mois de confinement, d'enfermement, de masques cachant les sourires, de distanciation physique, les Français vont-ils vouloir rattraper le temps perdu ?

François Kraus, responsable de l’expertise "Genre, sexualités et santé sexuelle" à l’Ifop.
François Kraus, responsable de l’expertise "Genre, sexualités et santé sexuelle" à l’Ifop. © Radio France / *

Pour en parler, Amélie Perrier reçoit :

  • François Kraus, responsable du pôle genre, sexualité et santé sexuelle à l'Ifop. Il a publié une enquête au mois de juin, menée sur un millier de célibataires en France.
  • Laura Berlingo, gynécologue obstétricienne à la Pitié-Salpêtrière à Paris. Elle a publié cette année "Une sexualité à soi libérée des normes" aux Arènes. 

Premier enseignement de l'enquête IFOP : un tiers des personnes interrogées disent qu'elles seront plus ouvertes sexuellement cet été

François Kraus précise qu'il s'agit des jeunes, des hommes, mais aussi des LGBT - "toujours un peu de ceux qui inscrivent leur sexualité dans un cadre plus récréatif - en tout cas, pas dans la norme de la conjugalité, de la relation stable à long terme". 

"Beaucoup de célibataires ont le sentiment d'avoir perdu un an de leur vie" explique François Kraus, "et ça se traduit par deux tendances :

  • une volonté d'avoir une phase de sexualisation des relations un peu plus rapide, autrement dit "perdre" un peu moins de temps pour passer au stade sexuel 
  • et aussi être plus souple sur les critères de choix"

86% des célibataires interrogés sont en quête d'une relation stable

"Ça confirme des enquêtes précédentes, et tout ça casse un peu l'idée selon laquelle on allait assister à une sorte de boulimie de sexe" note François Kraus. "On se posait la question de savoir si cette frustration, ce manque de sociabilité affective allait se traduire par un grand moment de liberté sexuelle marquée par un certaine affranchissement des normes, notamment de conjugalité."

Il y a quand même une petite augmentation de ces célibataires qui veulent juste un "coup d'un soir"

"Notamment chez les jeunes, les très jeunes" confirme François Kraus. "Ils ont particulièrement souffert psychologiquement [pendant la crise du covid], on l'a vu dans de nombreuses études auprès des étudiants, des jeunes actifs, des précaires. 

Il y a là un besoin de profiter de la période estivale - qui est aussi plus propice aux rencontres occasionnelles puisqu'on est loin du contrôle des pairs de son environnement amical ou familial et qu'on peut se prêter à des aventures sans forcément devoir les inscrire sur le temps". 

Malgré tout, la peur du virus va jouer sur la vie sentimentale et sexuelle des célibataires cet été encore

François Kraus explique le FOGA, 'the fear of dating again' : "Les gens ont intégré ce risque sanitaire dans leur appréhension à l'égard de nouvelles rencontres. On avait déjà avant, dans ce risque sanitaire, la prise en compte du risque lié aux MST, mais là, on a, notamment chez les femmes et les personnes âgées, plus de freins à la séduction à cause de la peur du covid"

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