Nonna Mayer, sociologue et Pierre Mairat, avocat et président honoraire du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), sont les invités du grand entretien de la matinale.

Alors qu’une enseignante sera jugée le 9 septembre pour "provocation publique à la haine raciale" pour avoir brandi une pancarte antisémite lors d’une manifestation contre le passe sanitaire, que la stèle de Simone Veil a été quatre fois vandalisée en deux semaines dans les Côtes d’Armor, Nonna Mayer y voit une des résurgences périodiques de l’antisémitisme. "Ça ne veut pas dire que le mouvement est antisémite, mais ça veut dire que ce vieux thème du complot, de l’influence occulte des juifs revient périodiquement dans les périodes de trouble", analyse la sociologue. 

Pour l’avocat Pierre Mairat, "c’est une extrême droite militante qui instrumentalise ces périodes de souffrance et d’interrogation". Il voit se développer des expressions "sophistiquées", "allusives" ou "indirectes" de l’antisémitisme, notamment à travers la pancarte brandie par l’enseignante. "Ce qui m’a choqué, c’est l’absence de réactions parmi les manifestants, (…) parce que ça veut dire que cette instrumentalisation par les militants d’extrême droite de l’antisémitisme allusive fonctionne ou, en tous cas, ne suscite pas d’indignation", réagit le président du Mrap. 

Quant aux comportements de quelques manifestants, le fait par exemple de porter une étoile jaune ou de mettre des tatouages comme les numéros d’immatriculation dans les camps, "c’est l’idée que notre souffrance vaut celle des juifs, une forme de relativisme, de banalisation", développe Nonna Mayer. Reste que, et "c’est là toute la force des théories du complots, certains vont dire que tout ça est un complot contre eux pour délégitimer", conclut-elle.

Les invités
  • Nonna MayerSociologue et politologue
  • Pierre Mairatavocat et président honoraire du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP)
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