Claire Pontais, chargée des questions d'éducation physique et sportive (EPS) en primaire au Syndicat national de l’éducation physique et Vincent Gérard, gardien du PSG handball et président du Syndicat des joueurs et joueuses professionnelles de handball nous parlent de la culture sportive à l'école

Les déclarations du ministre de l'Education nationale, de la jeunesse et des sports, Jean-Michel Blanquer avaient fait la polémique car il attribuait les victoires aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020 dans les sports collectifs, à la qualité de l'enseignement des professeurs d'EPS. Plusieurs athlètes olympiques avaient réagi sur les réseaux sociaux comme le basketteur Evan Fournier ou le handballeur Vincent Gérard. Quelle place pour le sport à l'école ? 

Le sport scolaire : un rôle d'éducation essentiel 

Vincent Gérard, gardien du PSG Handball et médaillé d'or olympique aux Jeux de Tokyo 2020, etablit que "le rôle de l'EPS, ce n'est pas de faire de la compétition, ou de former des sportifs de haut niveau", mais un rôle de santé et d'acquisition de compétences, de vivre ensemble. 

Claire Pontais, chargée des questions d'EPS en primaire pour le SNEP-FSU, le syndicat majoritaire des professeurs d'EPS, rappelle que le rôle de l'école c'est d'abord de donner "le goût du sport aux enfants". Elle souligne notamment comment le sport scolaire peut oeuvrer à corriger les inégalités genrées dans le sport, puisque les filles y découvrent en général les sports collectifs et les garçons la danse.  Dans le cadre du sport scolaire, on développe non seulement son corps mais aussi ses émotions. Ainsi "Pour une éducation moderne, [le sport] c'est indispensable". 

Faire du sport, complète Vincent Gérard, c'est aussi un enjeu de santé publique puisque "on sait que la sédentarité nuit à la santé". Or, comme il le rappelle avec le Covid, on a vu des "pertes de conditions physiques de 40% aggravées de pertes cognitives." 

Beaucoup d'enjeux, des bons dispositifs, mais peu de moyens ...

Tous deux partagent le même constat : l'école possède de bons dispositifs, que ce soit pour favoriser les performances avec les systèmes Pôle Espoir, ou en terme de formation des professeurs en éducation physique. Mais les moyens ne sont pas là. 

Comme le rappelle Claire Pontais, "on est passé, depuis la création des UFM en 1990, de 100 heures de formation initiale à 25 heures, dans la dernière réforme, qui a été la plus meurtrière. Il y a un décalage énorme entre les discours et les actes." A l'école primaire, les professeurs assurent le sport scolaire (USEP) "bénévolement".

Les nouveaux dispositifs annoncés par Jean-Michel Blanquer  comme le Pass Sport, allocation de 50€ allouée aux familles d'enfants touchant l'allocation de rentrée scolaire et enfant handicapé, ou "30 minutes de sport à l'école par jour" sont certes dans la bonne voie, souligne Vincent Gérard, mais "ils manquent clairement d'ambitions […] on est sur des doses homéopathiques]. 

Pour faire vraiment évoluer les choses, le handballeur et l'ancienne professeure agrégée d'EPS sont d'accord : plus d'horaires d'EPS, plus d'équipements, plus de formation au sport scolaire." 

Pour prolonger cette interview, vous pouvez aller consulter le site du SNEP-FSU et le site EPS & Société. 

  • Légende du visuel principal: Le sport, l’école et le haut niveau © Getty / Halfpoint Images
Les invités
  • Claire PontaisChargée des questions d'EPS au primaire au SNEP-FSU
  • Vincent Gérardgardien du PSG handball et de l'équipe des Bleus aux JO Tokyo 2020, médaillé olympique