Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire, est l'invité de Nicolas Demorand.

Nicolas Hulot justifie ses combats au gouvernement : "L'histoire et la justice sont rarement amnésique (...) à partir du moment ou l'on sait, la responsabilité change de camp", explique le ministre parle de "combat cette forme de résignation qui pointe".

À un moment ou un autre, on nous dira 'vous saviez'

Ramener les entreprises à leur responsabilité

Sur le rôle des entreprises : "Au départ, l'objet n'était pas le profit, mais de participer a l'épanouissement humain. L'économie aurait toujours dû rester sociale et solidaire (...)L'économie est un moyen au service de l'homme [et pas le contraire]". "Dans l'économie sociale et solidaire, la plupart des gens vont au travail avec le sourire", affirme le ministre.

Je place l'enjeu climatique [comme] un enjeu de justice 

"Nous ne sommes pas responsables de ce qui s'est passé en amont, mais notre responsabilité est engagée immédiatement. Tout le temps que nous perdons à renforcer notre ambition transforme notre responsabilité en une forme de culpabilité".

"Réduire notre consommation, on sait le faire, mais il faut désormais le faire à une échelle industrielle, [pour] privilégier les précaires énergétiques : ceux qui ont froid et qui ont du mal à boucler les fins de mois" explique le ministre, qui incite les auditeurs à regarder les dispositifs -toujours en place, mais "mieux fléchés"- d'aide aux travaux destinées à réduire les dépenses d'énergie, et qui confie aussi préparer un "Green New Deal" pour le printemps 2018, pour "changer d'échelle dans le développement des énergies renouvelables, notamment le solaire et l'éolien". Sur le compteur Linky : "J'ai été rassuré, je me suis fait une religion, je fais confiance à mon agence".

"Tout ce que l'on met pour diminuer les importations de pétrole de gaz, charbon, diminuer les dépenses d'énergie, c'est très rapidement rentable. Pourquoi rester au gouvernement : je ne me pose pas la question tout les matins. Tant que j'ai le sentiment que ça avance, j'ai aucune raison de quitter le gouvernement", affirme-t-il.

Sur Yannick Jadot, qui avait vertement critiqué les actions de Nicolas Hulot sur le dossier du glyphosate reconduit par Bruxelles : "Ce garçon est très constant dans une forme d'adresse à vous lancer des couteaux au moment ou vous ne y attendez pas. Le réseau diplomatique français , moi-même, Emmanuel Macron, on a fait tout ce qu'on a pu. Si la France n'était pas intervenue, dans la lumière mais également dans l'ombre on revotait pour 10 ans l'autorisation du glyphosate (...)On est passé d'une stratégie qui était de reconduire sans autre prescription à une volonté de sortir de manière programmée de l'ensemble de ces molécules donc c'est une vraie victoire", a-t-il justifié. La France a été au rendez-vous "On a simplement eu au dernier moment la défection de l'Allemagne, je trouve que c'est injuste".

J'en ai un peu assez qu'on me sourit en face et dès qu'on a le dos tourné, qu'on essaie d'exister dans les médias

Nicolas Hulot se défend aussi sur les accusations d'immobilisme de son ministère : "Quand on me dit que j'ai reculé sur le nucléaire, au contraire on avance, ça ne se décide pas comme ça au coin d'une table et au doigt mouillé. On a mis dans le radar le sujet qu'on va sortir du nucléaire", précise Hulot, qui ne "veut pas réaliser les objectifs" sans 'faire abstractions des enjeux sociaux".

Sur le dossier du glyphosate, la France est-elle juridiquement fragile? "Oui" reconnait Nicolas Hulot , qui explique : "Il faut sécuriser la parole de la science (...) j'ai demandé à l'OMS qu'on puisse revoir les méthodologies", mais sur le glyphosate, "on en sait assez pour programmer la sortie [de la France]".

Sur la question du projet d'aéroport de Notre Dame des Landes, une décision sera prise "avant les fêtes", a déclaré Nicolas Hulot. "Cette décision sera prise très rapidement" a expliqué le ministre de la Transition écologique et solidaire alors que le rapport du médiateur doit être remis dans les prochains jours..

Changements profonds

Sur sa place au gouvernement, Nicolas Hulot veut réaffirmer sa volonté de rester : "Je suis rentrée dans ce gouvernement parce qu'il y a avait une grande diversité, sur laquelle je mise, mais je fais en sorte que mes aspirations profondes ne soient pas entravées (...)Vous ne voyez pas les changements profonds qui sont en train d'opérer ?" 

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