Le Premier ministre est l'invité de Patrick Cohen. Il évoque la visite de François Hollande en Irak, la situation en Syrie, et la présidentielle à venir.

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve
Le Premier ministre Bernard Cazeneuve © AFP / BERTRAND GUAY

Ce lundi, François Hollande est en visite officielle en Irak. "Le sens de cette visite, c'est d'abord de témoigner aux militaires de la reconnaissance de la nation", explique le Premier ministre Bernard Cazeneuve, qui explique que "les instructions des attentats sont données par l'état-major du groupe Etat Islamique là où il se trouve", et que c'est pour cela qu'il faut continuer à le combattre sur le front irakien.

"Si nous voulons éviter des attentats sur le territoire européen, il faut faire monter en puissance notre dispositif antiterroriste", affirme le Premier ministre, qui cite les chiffres de 100.000 policiers et gendarmes qui assurent la sécurité sur le territoire national, en plus de 7.000 militaires de l'opération Sentinelle.

"Nous sommes dans un combat résolu contre le terrorisme, et ce combat, nous le gagnerons".

Sur le conflit en Syrie et la place de la Russie, Bernard Cazeneuve affirmer souhaiter "que la Russie contribue à la fin du conflit et à la réussite du cessez-le-feu". Mais pour l'heure, "nous condamnons tout ce que la Russie peut faire en Syrie qui contribue à la poursuite des combats" explique le chef du gouvernement. "Ce qu'il faut, c'est mettre en oeuvre une solution politique à terme, et la fin des conflits", ajoute-t-il.

"Mon souhait, c'est que la gauche gagne"

Que souhaite Bernard Cazeneuve pour l'année électorale qui s'annonce ? "Mon souhait, c'est que la gauche gagne la présidentielle, c'est assez simple", déclare-t-il. "Pendant ce quinquennat, énormément de sujets ont progressé", affirme-t-il, citant de nombreux exemples, dont la relance de l'investissement industriel ou le recul du chômage observé depuis trois mois.

Le Premier ministre affirme, en référence à François Hollande, qu'il "est rare en politique que de grands chefs d'Etat s'effacent pour que l'essentiel puisse être préservé". Et il prévient les candidats à la primaire de la gauche : "Il sera très difficile de gagner la primaire et la présidentielle en étant critique à l'égard du bilan François Hollande", car il se dit convaincu que "le bilan est bon, et c'est parce qu'il est bon que nous devons nous y adosser pour gagner la présidentielle".

Remettre en cause l'impôt à la source ? "Ils auraient tort de le faire"

Interrogé sur le prélèvement de l'impôt à la source, qui entrera en vigueur dans un an, il reconnaît que "si [leurs] adversaires arrivent au pouvoir ils pourront toujours le remettre en cause", tout en affirmant qu'ils "auraient tort de le faire", car "c'est une mesure qui permettra aux contribuables en difficulté d'être moins impactés qu'auparavant au moment du paiement de l'impôt".

Quant à la généralisation du tiers-payant, elle permet selon lui de faire face à "l'inégalité de l'accès aux soins [qui] est l'une des plus inacceptables".

"Tout ce que propose la droite, c'est de remettre en cause ce qui est favorable aux Français les plus modestes"

En réaction à l'appel de Muriel, déléguée syndicale déçue de l'action de la gauche pendant le quinquennat, Bernard Cazeneuve a défendu le bilan de François Hollande. "On peut toujours considérer qu'il y a plus à gauche", a-t-il reconnu, tout en affirmant "faire de la politique en regardant les faits". "Je vois ce que nous avons fait sur de nombreux sujets sur le progrès social : est-ce qu'il y avait la garantie jeunes ? (...) Non. (...) Est-ce qu'il y avait une possibilité pour les enseignants de se former ? Non. Est-ce que nous avons rétabli ou pas les comptes de la Sécurité sociale ? Oui. Est-ce que nous l'avons fait au détriment de l'hôpital public ? Non. Nous nous sommes mis en situation de cautionner les étudiants et les jeunes qui ne peuvent pas avoir de logement".

"Aujourd'hui, ne pas créer les conditions du rassemblement de toute la gauche serait une faute politique majeure", déclare-t-il, affirmant vouloir rassembler "tous ceux qui ont la conviction que le progrès est possible dans la société", et affirmant que face à la gauche, "Madame Le Pen parle beaucoup du terrorisme, mais elle s'oppose à tout ce qui permet de lutter contre le terrorisme".

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