Le vice-président du Front National est l'invité de Patrick Cohen au lendemain du grand meeting de Marine Le Pen à Bordeaux.

Perpignan, 9 janvier 2016, Louis Aliot aux vœux du Front National
Perpignan, 9 janvier 2016, Louis Aliot aux vœux du Front National © Maxppp / PHOTOPQR/L'INDEPENDANT/MAXPPP/MICHEL CLEMENTZ

Alors que Louis Aliot se déplace beaucoup à l'étranger pendant la campagne électorale de Marine Le Pen, que pense-t-il de la politique de Donald Trump ? "Le système américain est compliqué, et Donald Trump essaie de naviguer en fonction de ses prédécesseurs", dit-il, affirmant regarder ce que fait le président américain "plutôt sur la politique internationale".

"On entendait que Donald Trump allait faire tout et n'importe quoi : non. Le système américain est un système d'équilibre des pouvoirs. Un président ne peut pas imposer l'ensemble de la politique qu'il a vendue à ses électeurs. Ce qui n'est pas le cas en France, à cause du fait majoritaire", dit Louis Aliot.

Le vice-président du FN est-il d'accord avec le député Gilbert Collard, qui a déclaré dimanche que "la solitude du FN est une force" ? Oui : "Je pense que notre solitude est en quelque sorte une force, parce que nous ne ressemblons pas aux autres", explique-t-il. Cela signifie-t-il qu'il n'y aura pas de compromis si le parti arrive au pouvoir après l'élection ? "Si, sûrement", répond Louis Aliot, "puisque Marine Le Pen a promis qu'elle étendrait sa majorité".

Mais il y a une ligne directrice dont le parti ne se détachera pas : "La renégociation du schéma européen". Interrogé sur le lancement des opérations de sortie de l'UE par le Royaume-Uni, il répond qu'il "faut, texte par texte, négocier la sortie concertée de l'Union européenne. Ce n'est pas inaccessible, l'UE n'est qu'un traité".

"Lorsque ceux qui n'ont pas nos idées sont démasqués, on les fout dehors"

Interrogé sur le renvoi de représentants du FN épinglés pour leur discours extrêmiste, Louis Aliot explique : "Il y a toujours, comme dans beaucoup de partis, des gens qui adhèrent au parti mais qui n'en ont pas forcément toutes les idées, mais qui profitent bien de toutes les largesses en terme d'élection, de représentation. Lorsqu'ils sont démasqués, on les fout dehors". Mais quid de personnages comme Frédéric Chatillon, ancien membre du GUD et dirigeant d'un prestataire de service du FN ? "Il n'a aucune influence politique dans le parti", répond Louis Aliot.

Sans viser précisement aucun groupe, Louis Aliot reconnait être en désaccord avec la frange identitaire du parti. "Pour moi on peut être Français et de couleur, d'une autre religion, du moment qu'on place la France au centre de ses préoccupations et de son cœur", explique-t-il.

"Je défends la France et les Français, quels qu'ils soient".

Sortir de l'Euro sans catastrophe ?

Interrogé par un auditeur sur la baisse du capital des épargnants anticipée en cas de sortie de l'Euro, Louis Aliot dit avoir en sa possession une étude qui dit le contraire : "Je ne crois pas que la sortie de l'Euro soit la catastrophe anticipée", explique-t-il, évoquant également "une liste de 188 économistes qui disent tous que l'Euro est une catastrophe et qu'il faut en sortir".

"La conséquence de la sortie de l'Euro serait une inflation de 3%, mais dans le même temps entre 1,5 et 3 millions d'emplois supplémentaires".

Questionné par téléphone par un auditeur agriculteur sur la question de la conséquence d'une fermeture des frontières sur une agriculture qui exporte beaucoup, le vice-président du FN a préféré répondre en évoquant les subventions accordées par la Politique agricole commune de l'UE : "L'argent que l'UE vous donne, c'est votre argent qui passe dans tous les tuyaux européens. Il vous sera donné directement, et même plus, par les autorités françaises".

Quelle relation avec Mélenchon et son électorat ?

Quelle position pour le FN face à un candidat qui se positionne lui aussi en faveur d'une rupture totale avec le système traditionnel des partis, Jean-Luc Mélenchon ? S'il dénonce le fait que le candidat de la France Insoumise "est beaucoup moins clair que nous sur la question de l'Union européenne", il reconnait toutefois que les deux entités politiques votent souvent dans la même direction au Parlement européen, et affirme qu'en cas de second tour Mélenchon - Le Pen, "il y aurait un débat sérieux entre deux candidats hors système".

Il dit regretter toutefois l'attitude de l'extrême gauche vis-à-vis du PS, qu'elle finit toujours, selon lui, par soutenir : "Les gens du Front de gauche dénoncent les socialistes, disent qu'ils ont vendu le prolétariat, et au moment où il faut choisir un schéma clair de politique, en général n'arrivent pas à franchir le pas qui serait révolutionnaire", c'est-à-dire voter contre les socialistes.

Mais face à un auditeur, électeur de Jean-Luc Mélenchon, qui affirme envisager un vote FN au second tour plutôt qu'un vote Fillon, Louis Aliot affirme qu'il y a une partie des gens qui votent très à gauche, qui veulent changer le modèle de société actuel, qui n'hésiteront pas à apporter des voix à Marine Le Pen".

"Je ne suis pas Trump et on n'est pas aux Etats-Unis !"

Après un discours très écologiste de Marine Le Pen lors de son meeting bordelais dimanche, Louis Aliot avance que selon lui, il y a bien "une part de l'homme qui influence directement la planète". Est-il prêt à maintenir les accords de la COP21 et de la COP22, contrairement à ce que fait Donald Trump ? "Mais je ne suis pas Trump et on n'est pas aux Etats-Unis !", s'énerve-t-il, avant de poursuivre : "Je ne suis pas d'accord avec lui sur la question écologique".

Moins présent que les autres pontes du FN sur les réseaux sociaux, Louis Aliot s'en méfie-t-il ? "Absolument, parce que j'en ai été beaucoup la victime. C'est un défouloir de gens qui dans la lâcheté de l'anonymat se permettent de dire n'importe quoi", explique-t-il. "Il faut faire le tri" entre ce qu'Internet apporte de bon et le reste, selon lui, "'et ce n'est pas facile".

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