Jean-Pierre Filiu, professeur des universités en histoire du Moyen-Orient contemporain, analyse la situation politique en Iran et en Syrie, à l'occasion de son ouvrage "Généraux Gangsters et Jihadistes, histoire de la contre-révolution arabe" (ed. La Découverte).

Au sujet des manifestations en Iran, "on est face à un mouvement qui rappelle par son aspect acéphale diffusé dans tout le pays le contestations arabes d'il y a 7 ans. C'est toujours très dur pour un régime aussi répressif que la théocratie iranienne de pouvoir faire face à un mouvement qui n'a pas de tête qui n'a pas de parti".

L’historien relève aussi qu'en ce moment en Iran, "on ne parle plus de sunnites ou de chiites" et par ailleurs, "on observe bien que c'est le régime iranien qui soutient le régime syrien et non pas le peuple. 

Dans son ouvrage, Jean-Pierre Filiu évoque les différents régimes politiques du Moyen-Orient et leur criminalisation en association avec les gangsters : "Mafia aurait été trop gentil à leurs égards".

Selon son analyse, l'augmentation du nombre de djihadistes dans ces régimes s'explique par la "fermeture de l'horizon démocratique". D'après lui, "ces régimes en Égypte ou en Syrie, préfèrent avoir un terrorisme infréquentable, que personne à l'étranger ne soutiendra, plutôt qu'une opposition qui elle, trouverait des échos et des sympathies."

Violence dantesque

Le chercheur critique par ailleurs la position d'Emmanuel Macron sur la Syrie.  Il évoque la violence dantesque que subissent les Syriens.  Le dialogue avec Assad doit être conditionné à l'accès humanitaire à ces zones de conflits, à commencer par la banlieue de Damas qui est aujourd’hui victime d'une famine organisée.

François Hollande refusait lors de sa présidence de dialoguer avec Bachar al Assad, ce qui d'après lui "a évité un sorte de ralliement autour du tyran". En tenant une position morale, la France a tenu bon sur les principes moraux et face à un tyran comme Assad, "la morale est une arme stratégique."

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