La ministre de l'Environnement, qui convoite la direction du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), publie son "Manifeste pour une justice climatique" (Plon)

A la sortie de l'Elysée en mars 2017
A la sortie de l'Elysée en mars 2017 © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

Invitée de Patrick Cohen ce mardi, Ségolène Royal qui postule à la direction du Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) et publie son "Manifeste pour une justice climatique" défend ce concept : "C'est l'un des rares concepts de justice où l'on ne prend pas aux uns pour donner aux autres : on donne aux uns et aux autres".

"Avec les accords de Paris, pour une fois l'humanité a été au rendez-vous de son destin", explique-t-elle, jugeant le signal donné par Donald Trump "désastreux" et en même temps se disant "convaincue qu'à l'heure qu'il est plus personne ne pourra se mettre en travers de la transition énergétique". La ministre défend l'idée que "polluer l'eau doit être un coût, et plus seulement un profit", car "les difficultés d'accès à l'eau potable tuent plus que les guerres".

La France, "place de la finance verte"

En parallèle de la politique menée par Trump aux Etats-Unis, le Brexit peut-il avoir une mauvaise influence sur l'application des accords de Paris ? Pas forcément, et l'effet inverse est même possible selon la ministre : "Le Brexit doit donner à la France une opportunité pour être la place de la finance verte", explique-t-elle. "Les investisseurs ont compris qu'investir dans les filières vertes et bleues était rentable et en même temps bienfaisant pour la paix dans le monde, qui est au fond une valeur économique", ajoute-t-elle.

A propos de son rôle de ministre de l'Ecologie, elle dit penser que "le pouvoir peut être puissant pour un ministre de l'Environnement" : "Dans la loi de transition énergétique, il a fallu lutter contre les lobbies, il a fallu faire un moratoire pour mettre fin aux recherches de pétrole en Méditerrannée et dans l'Atlantique, il a fallu faire la loi sur la biodiversité, faire interdire les sacs plastiques", cite-t-elle comme autant d'exemples.

"Difficile de mener des combats"

Et dans l'affaire des boues rouges, où elle s'est retrouvée en désaccord avec son Premier ministre Manuel Valls, elle analyse : "Cette affaire prouve que ce n'est pas facile de mener des combats, surtout lorsqu'il y a des emplois en jeu". Et quid de l'Ecotaxe, que plusieurs auditeurs lui reprochent d'avoir abandonné ? "C'était un impôt injuste, ce que j'avais proposé c'est qu'elle soit mise aux frontières, mais ça n'a pas été suivi par le Parlement", explique Ségolène Royal.

En postulant à la direction du PNUD, et pas aux élections législatives de mai prochain, Ségolène Royal renonce-t-elle à sa carrière politique nationale ? "Ce n'est pas mon avenir personnel qui compte, c'est comment être utile sur cette planète", répond-elle. "Si nous arrivons à donner aux Africains ce qu'ils méritent alors qu'ils sont victimes et pas responsables du réchauffement climatique, nous rétablirons un équilibre du monde".

"Il faut que le débat monte d'un cran"

Que pense la ministre de la campagne présidentielle actuelle, sur laquelle elle s'exprime peu ? "Le seul appel que je peux lancer aux candidats, c'est que le débat monte d'un cran", dit-elle, refusant de révéler pour qui elle va voter car elle "pense que ça n'apportera pas de plus-value au débat" :

"Les observateurs étrangers posent un regard sur la France à la fois ébahi, inquiet, désolé sur le niveau de cette campagne"

Tout au plus reconnaît-elle que les deux candidats qui ont le plus porté les valeurs écologiques sont Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. Mais "je pense que tout le monde s'y est mis, c'est une idée qui devient universelle", explique-t-elle.

Cela signifie-t-il pour autant un lâchage du candidat du PS Benoît Hamon ? "Je l'ai soutenu, je l'ai rencontré plusieurs fois, mais il faut aussi être réaliste par rapport aux intentions de vote", dit-elle, avant de se montrer plus claire : "Benoît Hamon a fait un gros travail, des propositions de qualité, je ne le lâche absolument pas".

Invitée enfin à s'exprimer sur la crise en Guyane, qui a débuté il y a quinze jours lors de l'un de ses déplacements dans le département d'outre-mer, elle affirme : "Il y a un potentiel énorme, ce territoire a tout pour réussir et en même c'est un territoire qui souffre de l'insécurité, de l'immigration massive liée à l'orpaillage clandestin. Il faut absolument répondre à ces problèmes (...). J'espère que les moyens seront apportés pour régler les problèmes d'insécurité et de santé publique à l'hôpital"

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