Josep Ramoneda, Elisenda Paluzie et Rafael Jorba sont les invités de Nicolas Demorand

A 8h20, le philosophe Josep Ramoneda a précisé au micro de Nicolas Demorand le sentiment nationaliste des séparatistes catalans. Si en France, les gouvernements successifs ont réussi à "construire un État-nation complet et fermé, en Espagne cela n'a jamais été réussi".

Pourtant, "et cela peut paraître contradictoire", proclamer l'indépendance de la Catalogne ne signifie pas obligatoirement qu'il y aura une frontière avec l'Espagne. Josep Ramoneda oppose bien l'indépendance d'une région à la création d'une nouvelle nation.

Contrairement à notre invité précédent Adria Elsina (voir plus bas), Josep Ramoneda est plus nuancé sur l'impression de la Catalogne de déjà être indépendante. Certes, certains secteurs catalans se sentent totalement indépendants. Mais la réalité est qu'il n'existe à ce jour "d'appareil coercitif pour faire appliquer une législation" qui serait différente de celle du gouvernement espagnol.

Josep Ramoneda, qui ne se dit pas farouchement nationaliste ou indépendantiste, estime pourtant que cette autonomie est une bonne chose : "Si un jour dans un référendum on me demande si je suis pour un état pour la Catalogne, je répondrai oui." Dans cette logique, le philosophe a dénoncé "la couardise" de Mariano Rajoy qui, après "n'avoir fait aucune proposition, se cache maintenant derrière le roi".

La professeure d'économie Elisenda Paluzie a ensuite levé l’ambiguïté sur les sondages, selon lesquels la volonté catalane d'indépendance n'est pas claire. Pour elle, le vrai sondage, ce sont les urnes. L'élection d'un parlement majoritairement en faveur de l'indépendance associé au fort pourcentage de vote en faveur de l'indépendance ce dimanche, malgré l'intervention violente des forces de l'ordre espagnoles en sont les deux principales preuves.

Rafael Jorba a quant a lui dénoncé le déficit de politique espagnole face à la demande catalane d'autonomie. C'est de cette absence de volonté que résulte la surenchère nationaliste, à la fois pour la Catalogne mais aussi pour les espagnols qui ont manifesté contre la tenue du référendum.

Tout n'est pourtant pas dans l'émotion "nationaliste", réfute Elisenda Paluzie. Oui, dimanche et lundi, les réactions viennent de l'émotion. Mais la mobilisation mardi de 700 000 personnes n'est plus de l'émotion, assure l'universitaire.

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